« La crise est éminemment difficile mais ne nous flagellons pas en permanence. Elle est traitée », déclarait récemment Jean-François Carenco, préfet de Région Rhône-Alpes, lors d'un point presse commun avec Jean-Jack Queyranne, président de la Région, sur les « questions industrielles ». Depuis quelque temps, tous les discours officiels ont pris le pli de la positive attitude : la sinistrose fait place à l'optimisme. Dans le même temps, le taux de chômage ne fait que croître et le nombre d'entreprises en difficulté ne cesse d'augmenter... Bien que convaincue qu'il ne faut pas se laisser gagner par la dépression - nous veillons dans ce journal à valoriser des entreprises qui investissent, des entrepreneurs qui innovent, des créateurs qui se lancent -, cette nouvelle mode de la positive attitude a quelque chose d'artificiel qui interpelle. Nicolas Dufourcq, directeur général de bpifrance, a lâché lors du lancement de la banque en Rhône-Alpes : « Nous avons oublié notre devoir de bonne humeur. Cela nous a coûté 1 % du PIB. » Est-ce qu'un brin de gaîté suffirait vraiment à nous remettre sur le chemin de la croissance ? Les chefs d'entreprise que l'on rencontre au quotidien ne sont pas tristes, loin de là. Ils ne manquent ni d'enthousiasme, ni d'humour. Mais plutôt d'une meilleure compréhension de la part de nos élus et de confiance dans nos institutions.
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