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La PME industrielle Pronal se diversifie pour devenir une ETI
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La PME industrielle Pronal se diversifie pour devenir une ETI

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Au terme d’une réorganisation qui lui a permis de renouer avec la croissance, tout en doublant sa rentabilité, la PME industrielle Pronal veut passer la vitesse supérieure. Ce fabricant nordiste de produits flexibles de stockage, levage, obturation et sécurisation, vise désormais le statut d’ETI. Cela passera par la conquête du secteur des énergies renouvelables.

La PME industrielle Pronal fabrique des produits flexibles, à partir d’élastomère, pour le stockage, le levage, l’obturation et la sécurisation — Photo : Pronal

De nature plutôt discrète, la PME industrielle Pronal veut désormais faire connaître ses savoir-faire. Cette entreprise basée à Leers (Nord) fabrique des produits flexibles destinés au stockage, à l’obturation, au levage ou encore à la sécurisation. Ces solutions sont réalisées à partir d’élastomère (ou caoutchouc), le plus souvent sur-mesure, pour différents secteurs : l’industrie, l’énergie, le BTP, le nucléaire, l’aéronautique, l’agriculture, le militaire…

Afin d’accélérer sa croissance, relancée en 2021 à l’occasion d’une reprise, Pronal compte se positionner sur le marché des énergies renouvelables. Inscrite dans son plan stratégique, cette diversification doit lui permettre d’atteindre un chiffre d’affaires de "30 à 32 millions d’euros à l’horizon 2027", annonce son directeur général, Gautier Dezitter, contre 26 millions d’euros actuellement, avec 180 salariés.

Un capital revisité en 2021

Des citernes souples de stockage d’eau, d’huile ou d’hydrocarbures, des coussins gonflables et connectés pour obturer des canalisations en cas de travaux ou pour éviter une pollution, des coussins de levage d’avions ou de voitures, des vérins souples, des protections gonflables pour les chantiers de fouilles, etc. "Nous sommes le spécialiste des moutons à cinq pattes", résume Gautier Dezitter. Ce dernier a rejoint le capital de l’entreprise en 2021, aux côtés de Sylvain Ehrhart, président de Pronal, à l’occasion des départs successifs des deux autres actionnaires. Le fonds d’investissement régional IRD a complété le tour de table, sachant que l’actionnaire majoritaire de cette PME reste Sylvain Ehrhart.

Leur premier projet a consisté à remettre Pronal sur les rails de la croissance. "L’entreprise ne réalisait pas de pertes mais son chiffre d’affaires stagnait à 19 ou 20 millions d’euros", relate le directeur général. À la faveur d’une réorganisation interne, l’entreprise a renoué avec la croissance, tout en "multipliant la rentabilité par deux", souligne le dirigeant.

Sylvain Ehrhart (à droite), président de Pronal et Gautier Dezitter, directeur général — Photo : Pronal

Une réorganisation interne

Parmi les grandes cibles de cette réorganisation : les deux ateliers de production en France et au Portugal. Pour réaliser ses produits, Pronal achète des rouleaux d’élastomère, qu’elle découpe, assemble, puis cuit, dans des fours autoclaves. Son atelier nordiste, adossé au siège social de l’entreprise, a la particularité de ne pas être occupé par de grandes lignes de production. Mais par quelques machines, ici et là, dédiées à la découpe et à la cuisson. L’essentiel de la production est réalisé à la main, ce qui se traduit en France par des coûts de main-d’œuvre élevés.

"Avant la reprise, 60 % de la production était faite en France et 40 % au Portugal, une tendance que nous avons inversée", indique le DG. L’atelier français se concentre désormais sur les petites séries, les prototypes et la R & D, ainsi que les produits à haute technicité. Cette réorganisation s’est également traduite par l’arrêt de certaines familles de produits, peu porteuses. "Cela nous a pris du temps de relancer le chiffre d’affaires", commente le dirigeant.

De la PME à l’ETI

Au terme de cette première étape, "Pronal se situe à la frontière entre la PME et l’ETI", note Gautier Dezitter. Il s’agit maintenant de transformer l’essai. Atteindre une taille critique est en effet nécessaire pour continuer à travailler avec les grands donneurs d’ordre. Pour y parvenir, l’entreprise va s’appuyer sur un nouveau relais de croissance : le secteur des énergies renouvelables. D’autant que la diversification est une force, face à des concurrents, groupes comme PME, "positionnés sur une seule typologie de produits", affirme Gautier Dezitter.

"Pronal se situe à la frontière entre la PME et l’ETI"

"L’idée est de maintenir le chiffre d’affaires de 26 millions d’euros, que nous réalisons avec nos clients actuels, et d’atteindre la trentaine de millions d’euros grâce aux produits pour le secteur des énergies renouvelables, qui se développe bien en France et en Europe", ajoute-t-il. Pour l’heure, Pronal réalise près de 65 % de son chiffre d’affaires à l’international.

Les produits de Pronal sont destinés à divers secteurs d’activité, parmi lesquels, le militaire — Photo : Pronal

Être prescripteur en matière d’innovation

Afin de conquérir ce secteur des énergies renouvelables, Pronal va s’appuyer sur des produits flexibles sur-mesure, avec une nouveauté. "Jusque-là, notre innovation produit était directement liée aux demandes spécifiques de nos clients. Désormais, nous voulons être prescripteurs", annonce Gautier Dezitter. Grâce à une cellule R & D lancée il y a deux ans, la PME va imaginer elle-même de nouvelles solutions répondant aux besoins du marché. "Il y a une attente sur de l’innovation incrémentale", affirme le dirigeant. De premiers essais ont déjà abouti et "des dépôts de brevet sont en cours", mais pour le moment, Gautier Dezitter n’en dévoilera pas plus. La commercialisation de ces innovations devrait intervenir durant le second semestre 2025.

"Jusque-là, l’innovation produit était directement liée aux demandes spécifiques de nos clients. Désormais, nous voulons être prescripteurs."

Vers des acquisitions de start-up

Pour muscler sa capacité à innover, Pronal va prochainement réaliser des opérations de croissance externe auprès de start-up opérant sur le marché de l’énergie. "Nous en avons identifié quelques-unes dans les Hauts-de-France, mais nous étendons notre veille à l’ensemble de la France", précise Gautier Dezitter, avant d’ajouter que des discussions sont en cours, pour entrer au capital de deux jeunes pousses. Pronal envisage d’ailleurs de dédier une partie de ses locaux nordistes à l’hébergement de start-up, notamment pour de l’incubation, tout en mettant ses moyens à leur disposition.

L’intelligence artificielle en test

Et parmi les autres mesures prises pour soutenir l’innovation : la souscription d’une licence ChatGPT, en test durant un an au sein de l’entreprise. Celle-ci est à disposition des collaborateurs. "Nous l’utilisons pour réaliser des études de marché. Ou dans le cadre d’études techniques : cet outil nous permet de vérifier rapidement s’il existe déjà dans le monde une technologie qui pourrait nous servir…", illustre le directeur général. Avec un bémol toutefois : quelques réticences en interne. "Il faut prendre le temps d’expliquer aux collaborateurs que cette technologie n’est pas là pour les remplacer", constate le dirigeant.

Un investissement pour muscler la production

Face aux perspectives de développement, Pronal envisage enfin de muscler son atelier de production au Portugal. "Nous avons atteint une limite capacitaire sur ce site, où nous voulons dédoubler nos outils de cuisson", détaille le dirigeant, ce qui nécessitera de pousser les murs. L’étude de ce projet sera achevée à la fin de l’année. L’investissement consenti devrait s’élever à 2 millions d’euros.

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