"La plateforme de Carling-Saint-Avold ne cesse de se réinventer"
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Gilles Pouret directeur régional Grand Est de TotalEnergies "La plateforme de Carling-Saint-Avold ne cesse de se réinventer"

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Le directeur régional Grand Est de TotalEnergies annonce la mise en service d’une nouvelle ligne de polymère à Carling-Saint-Avold (Moselle), l’occasion de mesurer le chemin parcouru en dix ans par le groupe afin de reconvertir la plateforme pétrochimique lorraine.

Gilles Pouret est le directeur régional Grand Est de TotalEnergies — Photo : TotalEnergies

Où le projet de nouvelle ligne de polymères en est-il ?

TotalEnergies fait évoluer la plateforme de Carling-Saint-Avold, en vue de répondre à un objectif majeur du groupe : produire 30 % de polymères issus de l’économie circulaire à l’horizon 2030. À ce titre, nous démarrons la production cet automne d’une nouvelle ligne de polypropylène compound (PPC) d’une capacité de 15 000 tonnes par an. À l’inverse des deux lignes existantes qui fonctionnent à partir de polymère vierge, la nouvelle ligne est capable de transformer des déchets plastiques, des résidus post-consommation issus de la collecte sélective et des pièces automobiles en fin de vie. Cet investissement de 11,7 millions d’euros vise à répondre à la demande des constructeurs automobiles en quête d’allègement de leurs pare-chocs ou encore de leurs tableaux de bord. La montée en cadence de la ligne se fera progressivement et à effectifs constants.

Que représente cet investissement pour l’avenir de la plateforme ?

Ce projet constitue le plus important investissement de TotalEnergies sur la plateforme classée "Seveso seuil haut" depuis la mise en œuvre de notre plan de reconversion en 2017. À l’époque, le groupe avait mobilisé 180 millions d’euros dans un "projet d’avenir" visant à compenser l’arrêt programmé de ses vapocraqueurs. Ce plan avait conduit à l’installation de lignes de production de PPC, mais aussi à la construction d’une unité de résine polybutadiène et à l’augmentation de nos capacités de fabrication de polystyrène sous forme de granulés. Il y a dix ans, notre site était sous respiration artificielle. Aujourd’hui, il compte 380 salariés et ne cesse de se réinventer. TotalEnergies continue d’y investir en lien avec la stratégie multi-énergies du groupe. Nous avons racheté deux tranches de cycle combiné gaz en 2020 à l’ancien exploitant de la centrale thermique Emile-Huchet ce qui permet de soutenir le réseau, lors des pics de consommation d’électricité. Nous sommes capables de passer de 0 à 800 mégawatts en trente minutes ! Nous avons également installé il y a deux ans des capacités de stockage d’énergie : ces 25 MWh de batteries visent à stabiliser le réseau en période de pointe. Enfin, nous attendons les autorisations nécessaires à l’aménagement d’une centrale solaire de 6 MWc sur 6 hectares du site. Sur les 600 hectares de la plateforme, 55 hectares de terrain appartenant à TotalEnergies sont encore disponibles. Certaines parcelles sont en cours de réhabilitation avec l’ambition d’accueillir de nouvelles entités.

Avez-vous d’autres projets dans les énergies renouvelables ?

Nous cherchons à développer des centrales solaires, par exemple sur d’importants fonciers difficilement valorisables. À Hauconcourt, en Moselle, nous avons mis en service en juin 2024 une centrale solaire de 13 MWc sur une ancienne carrière de minerai de fer. Grâce à ces 26 000 m² de panneaux nous donnons une seconde vie à un site inexploité depuis vingt ans. Nous avons aussi inauguré notre première centrale solaire en Alsace en avril dernier, à Oberhoffen-sur-Moder, dans le Bas-Rhin. Elle se développe sur 10 hectares et devrait délivrer 11 MWc. À Sarreguemines, en Moselle, nous avons déjà inauguré en 2022 une centrale solaire de 4,7 MWc constituée de plus de 11 000 panneaux, un projet cofinancé via une campagne participative qui a réuni près de 120 citoyens co-actionnaires.

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