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La Matmut ouvre son nouvel ensemble immobilier rouennais haut de gamme
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La Matmut ouvre son nouvel ensemble immobilier rouennais haut de gamme

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La mutuelle rouennaise Matmut a ouvert son nouveau complexe immobilier haut de gamme à Rouen. Un ensemble composé d’un hôtel Hyatt quatre étoiles et d'un espace de bureaux de 8 000 mètres carrés destiné aux entreprises. Un projet réalisé avec plusieurs entreprises locales et qui aura mis plus de dix ans à voir le jour, avec notamment l’abandon de la construction d’un palais des congrès.

La préservation et la restauration du site de l'ancienne école normale de Rouen ont permis la restauration de plusieurs éléments patrimoniaux, avec le concours d'artisans d'art — Photo : Sébastien Colle

Le nouveau complexe immobilier haut de gamme de la mutuelle rouennaise Matmut (6 800 salariés, 2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a ouvert ses portes à Rouen, après plus de dix années de chantier. Installé sur l’ancien site de 2 hectares de l’École normale d’institutrices de Rouen, route de Neufchâtel, le projet de la Matmut, d’un montant de 42 millions d’euros de travaux, s’est attaché à conserver et restaurer ce site patrimonial bâtit entre 1884 et 1887.

Un hôtel 4 étoiles

L’ensemble immobilier livré par la Matmut, qui en a assuré la maîtrise d’ouvrage, et baptisé "L’École buissonnière" en hommage à l’histoire du lieu, se compose notamment d’un hôtel quatre étoiles de la chaîne hôtelière Hyatt. Installé dans le bâtiment historique principal de l’ancienne école normale, il se compose de 85 chambres, d’un spa, d’un restaurant et bar, ainsi que d’une salle de séminaire de 150 m² pouvant accueillir jusqu’à 133 personnes.

Un espace de bureaux de 8 000 mètres carrés

Alors que le projet initial de la Matmut comportait la construction d’un palais des congrès, abandonné faute de rentabilité, c’est finalement une offre de bureaux qui a vu le jour. Au total, 8 000 m² d’espaces de bureaux destinés aux entreprises du secteur tertiaire sont proposés à la location sur la base d’unités privatives de 260 m² en moyenne. À la livraison, l’espace de bureaux compte déjà 7 plateaux de loués, soit un taux d’occupation de 28 %. De plus, un parking mutualisé avec l’hôtel Hyatt comprend 187 places de stationnement dont 67 pour l’hôtel et 17 places pour véhicules électriques.

Un chantier local

Plusieurs entreprises normandes ont participé à la réalisation de ce chantier de longue haleine, dont notamment le cabinet d’architecture retenu après concours, l’agence rouennaise CBA architectes. Le maître d’œuvre a pu travailler avec plusieurs autres entreprises normandes dont Sogeti (Bois-Guillaume) pour la partie bureau technique, le paysagiste Espace Libre (Bonsecours) et Acoustibel (Yerville) pour les problématiques d’acoustique. Pour les travaux de BTP, le groupement d’entreprises dont Sogea Nord-Ouest (Rouen) est mandataire pour les lots de terrassement, gros œuvre, clos couvert et architecturaux. Enfin, le groupe Guinier 1823 (agence Rouen) s’est occupé des lots techniques (climatisation, chauffage, plomberie et électricité). "L’idée était de mettre en valeur le bâtiment historique, avec la volonté que les Rouennais puissent se réapproprier leur patrimoine", explique Tony Malandain de CBA architectes.

Un patrimoine conservé

Pierre angulaire du projet de la Matmut, la préservation et la restauration du site de l’ancienne école normale de Rouen ont amené la mutuelle a mené des travaux d’assainissement du lieu, notamment par la démolition de plusieurs bâtiments, la récupération de briques, le curage et un traitement fongicide. "95 % du bâtiment étaient mérulés. C’est l’une des raisons pour lesquelles le chantier a pris du temps, afin de sécuriser et consolider le foncier", souligne Sophie Tocqueville, directrice des moyens généraux et travaux immobilier chez Matmut. D’autres interventions ont permis la restauration de plusieurs éléments patrimoniaux, avec le concours d’artisans d’art : la restauration des façades du bâtiment principal (hôtel Hyatt) ; la remise en état du clocheton de la fin du 19e siècle, ainsi que le nettoyage du cadran de l’horloge en pierre de lave installée en 1886 et fabriqué par Henri Lepaute, horloger du roi Louis Philippe et de l’empereur Napoléon III.

Matmut voulait créer un palais des congrès à Rouen

Lancé fin 2012 par Daniell Havis alors PDG de la mutuelle rouennaise, l’ambitieux projet immobilier de la Matmut avait pour ambition première la construction d’un palais des congrès à Rouen, couplé à un hôte quatre étoiles avec restaurant gastronomique et environnement paysager ouvert au public, le tout pour un budget colossal de 80 millions d’euros. Professionnels et décideurs se félicitaient de ce projet qui voulait consolider l’attractivité de la capitale normande, tout en faisant renaître le site de l’ancienne école normale d’institutrice de Rouen, acquis par la Matmut en 2014 auprès du Département de Seine-Maritime. "Il y a un besoin avéré. Nous voulons l’insérer dans le paysage local et qu’il devienne une manne pour l’ensemble de l’économie de l’agglomération", assurait alors Daniel Havis.

Las, fin 2016, et après plus d’un an de chantier, le dirigeant de la mutuelle annonçait l’abandon du projet de palais des congrès, suite à des études menées qui confirmaient que "l’équipement ne pourrait en aucun cas arriver à l’équilibre (financier, NDLR)". Etaient alors mis en cause le manque d’attractivité de l’agglomération victime d’infrastructures de transport défaillantes, de l’absence d’un aéroport digne de ce nom. Touchée mais pas coulée, la direction de la Matmut annonçait à la mi 2017 la reprise du chantier sur de nouvelles bases.

La Métropole va se doter d’un Centre des Congrès

Face au manque laissé par l’abandon du projet de palais des congrès de la Matmut, fin 2023, la Métropole Rouen Normandie a annoncé le lancement d’un projet de centre des congrès, situé à côté des Docks 76. "C’est un besoin pour l’économie locale, notamment pour les acteurs de la santé, de la recherche et de l’enseignement supérieur, aujourd’hui contraints d’organiser leurs congrès ailleurs qu’à Rouen", explique l’exécutif métropolitain qui espère également des retombées économiques pour le commerce, l’hôtellerie et la restauration et développer le tourisme d’affaires. Les études menées pour ce projet estiment l’emprise au sol nécessaire à près de 10 000 m² pour un programme de 12 790 m², comprenant un amphithéâtre de 1 000 places, une salle supplémentaire de 400 places, et la possibilité de compléter l’équipement par un hôtel. Le projet retenu sera dévoilé en novembre 2024, pour une livraison envisagée début 2031.

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