50% de la fréquentation touristique de la Loire est issue des départements rhônalpins. N'est-ce pas l'aveu même de l'incapacité de la Loire à se vendre au plan national et international ? Je ne pense pas. La clientèle étrangère a tout de même progressé depuis cinq ans. Elle représentait 7 à 8% en 2007. Elle est aujourd'hui à 10%. La Loire attire une clientèle d'Europe du Nord qui se fidélise. Les Allemands, les Néerlandais et les Belges apprécient beaucoup notre département. Les Britaniques qui étaient très présents un temps ont quelque peu déserté le département depuis l'arrêt de la ligne Ryanair. Ce que l'on remarque, c'est que lorsque l'on associe un hébergement de qualité y compris dans l'hôtellerie de plein air à un patrimoine, on parvient à se rendre attractif notamment auprès des étrangers.
Le principal site touristique reste néanmoins le zoo de Saint-Martin-la-Plaine. Ne faut-il pas y voir un manque cruel d'équipements et un déficit chronique d'image ?
C'est compliqué de construire une image. D'abord pace que cela ne se décrête pas et puis parce que la Loire ne peut pas être tirée par un équipement touristique majeur. Et ce pour la simple et bonne raison qu'elle n'en dispose pas.
La Cité du Design et le patrimoine Le Corbusier ne sont pas des équipements majeurs à vos yeux?
La Cité du design n'est pas un équipement touristique en tant que tel. La Biennale génère du traffic, mais en tant qu'événementiel. Quant au patrimoine Le Corbusier, c'est un peu compliqué. Cela attire une clientèle spécifique pas vraiment grand public. Nous avons d'ailleurs toute une réflexion autour de cette clientèle. L'idée est de bâtir un produit qui associe Le Corbusier à la découverte des Gorges de la Loire.
Comment pallier l'absence de cet équipement majeur ?
Avec une offre diversifiée et qualitative. La Loire a la chance d'avoir une mosaïque d'offres. Cela passe par des produits d'excellence comme Nuit au Château, qui permet d'aller à la rencontre des 40 châteaux que compte la Loire, mais aussi par la mise en place d'une offre nouvelle autour des déplacements doux. Nous travaillons actuellement sur un schéma départemental vélo-route/voie verte. L'idée est de créer une offre et un parcours qui traverse le département et de générer ainsi une fréquentation nouvelle de nature à susciter le développement d'une offre d'hébergement. C'est un projet majeur qui va mobiliser 4 à 5 millions d'euros d'investissement sur les 5 prochaines années.
Pour le directeur de l'Agence de développement touristique de la Loire, Jean-François Gibert, la Loire doit miser sur sa mosaïque d'offres.