L'enthousiasme (quasi) unanime soulevé par le débat public sur la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN) serait-il en train de retomber comme un soufflet trop tôt sorti du four! La Cour des Comptes, la première, a prévenu dès juillet que les finances publiques n'étaient pas en mesure d'assumer l'ensemble des projets inscrits au Schéma National des Infrastructures de Transport, a fortiori les derniers arrivés! Vu de Normandie, le message est clair: les 12milliards de la LNPN rapportés au faible kilométrage de la ligne risquent de plomber sérieusement le dossier. Sans attendre la sortie même de ce rapport, l'association pour la promotion de la LNPN présidée par Gérard Lissot a sollicité un entretien avec le ministre de tutelle, Frédéric Cuvillier, pour lui rappeler que celle-ci n'était pas moins que «la colonne vertébrale du projet Paris-Seine-Normandie». À l'heure où nous écrivons ces lignes, la réponse ministérielle se fait toujours cruellement attendre. «Manifestement, le gouvernement ne se sent pas lié aux engagements de son prédécesseur», regrette le président du Ceser de Haute-Normandie qui craint que ne se brise la belle dynamique qui prévalait avant l'élection présidentielle. Au point de redouter que tels élus locaux «aient aujourd'hui des positions différentes de celles signées dans leurs cahiers d'acteurs!» «Ce serait choquant», d'ajouter l'ancien président de Normandie AéroEspace qui appelle de ses voeux «une manifestation collective» des ministres normands, L.Fabius, V.Fourneyron et B.Cazeneuve auprès de leur confrère en charge des transports. Quoi qu'il en soit, «une décision devra être prise avant la fin de l'année», estime Gérard Lissot; «la seule qui puisse être prise: la poursuite du projet»!
Guillaume Ducable @email
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