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La fonderie Favi, sous-traitant automobile, amorce sa diversification
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La fonderie Favi, sous-traitant automobile, amorce sa diversification

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Les trois quarts du chiffre d’affaires de la fonderie d’Hallencourt, dans la Somme, sont liés au marché de l’automobile. Pour anticiper la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, l’entreprise a lancé son plan "Favi 2030", pour se diversifier et maintenir l’emploi dans le Vimeu.

La fonderie Favi, située à Hallencourt dans la Somme, est spécialisée en fourchette de boîte de vitesses pour l'automobile — Photo : Lise Verbeke

Le site de 25 000 mètres carrés de la fonderie Favi à Hallencourt (Somme) est en pleine activité, en ce mois de décembre, pour boucler les commandes avant la fermeture pour les fêtes de fin d’année. Les lignes, en majorité automatisées et robotisées, enchaînent les pièces en fonderie sous pression aluminium, laiton et cuivre. Notamment les fourchettes de boîtes de vitesses, une spécialité qui a fait de la Favi (300 salariés, 55 millions de chiffre d’affaires), un sous-traitant reconnu dans le secteur automobile, avec pour trois gros clients Stellantis, Renault et Volkswagen.

"Notre savoir-faire date des années 70. Nous avons réussi à ne jamais délocaliser car la maison mère, Afica, est une entreprise familiale qui tient à maintenir l’emploi en France", explique Édouard Rousseaux, à la tête de la Favi depuis un an et demi. L'ETI travaille en majorité pour l’industrie automobile - seuls 10 à 15 % du chiffre concerne la robinetterie.

Prendre le virage de l'électrique

30 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, en Europe mais aussi à l’international (Chine, Inde, États-Unis) à hauteur de 10 %. Face à la fin annoncée des ventes de voitures thermiques neuves en 2035 dans l’Union Européenne, la part de l’international pourrait se développer pour la Favi. "Nous ne voulons pas abandonner 40 ans d’expertise, nous sommes devenus une référence", insiste Édouard Rousseaux. Quant aux marchés français et européen, il reste des inconnues qui fragilisent les sous-traitants, selon le dirigeant. "Nous ne savons pas encore si le véhicule hybride sera totalement abandonné. Notre part d’activité sur l’hybride ne cesse d’augmenter ces dernières années, cela représente aujourd’hui 25 % de notre activité, et ce sera 40 % en 2023", décrit Édouard Rousseaux.

Mais l’entreprise ne veut pas rater le virage de l’électrique. "Il n’y a pas de fourchettes de boîte de vitesses dans les voitures électriques mais nous sommes capables de faire, en fonderie sous pression comme en usinage et assemblage, des pièces pour l’électrique, notamment des convertisseurs ou des réducteurs." Des avant-projets R & D sont en cours, sur demande des constructeurs. Pour redimensionner l’outil industriel, "car les pièces seraient de plus grande envergure", les investissements envisagés seraient de 15 millions d’euros sur les quatre prochaines années. "Mais il faudrait que la situation se stabilise. Depuis que je suis en poste, c’est crise sur crise, le Covid, la pénurie de semi-conducteurs, la guerre en Ukraine…", admet le dirigeant.

Vélos, trottinettes et industrie du luxe

Autre secteur clé où l’entreprise souhaite orienter sa diversification : la mobilité verte, les vélos et les trottinettes à assistance électrique. "Pédalier, fourche, cadre, châssis... il y a beaucoup de composants, d’assemblage et d’usinage, que l’on peut faire." Édouard Rousseaux est en contact avec des clients américains qui cherchent des partenaires européens pour les marchés de trottinettes en ville. L’objectif pour la Favi est d’atteindre les 20 millions de chiffre d’affaires avec cette nouvelle activité, d’ici cinq ans. "Beaucoup de sous-traitants automobiles commencent à se reconvertir dans les mobilités vertes. La concurrence est là mais nous travaillons beaucoup en R & D pour avoir un coup d’avance", appuie le dirigeant.

Dernier secteur que vise la Favi : l’industrie du luxe. L’entreprise travaille déjà pour une marque d’enceinte premium, "avec des pièces d’un haut niveau de qualité et de finition". Édouard Rousseaux réfléchit également à démarcher le secteur de la cosmétique et les flacons de parfum. Pour ces trois volets du plan de l’entreprise, le dirigeant envisage des investissements d’environ 23 millions d’euros sur cinq ans, dont une aide de l’État d’environ 4 millions.

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