Vous modernisez actuellement votre siège à Illkirch. Que représente ce chantier ?
Le siège actuel a été construit en 1976, mais il avait été conçu dès l’origine pour pouvoir accueillir deux niveaux supplémentaires. Nous avons donc réalisé une surélévation de deux étages en structure bois.
Le projet a été imaginé comme un démonstrateur technique de nos savoir-faire en ingénierie et conseils. Les nouveaux niveaux atteignent un standard Passivhaus, très performant sur le plan énergétique. Le site a également été réaménagé avec plus de 700 m² de panneaux photovoltaïques et des surfaces perméables afin de limiter les îlots de chaleur.
Avec 96 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 300 salariés, le groupe OTE a changé d’échelle ces dernières années. Comment cette progression s’est-elle construite ?
Notre développement repose avant tout sur une croissance organique, basée sur le référencement et sur la démonstration de ce que nous savons faire. Nous n’avons pas fait le choix de la croissance par acquisition. Certaines entreprises augmentent leur chiffre d’affaires en rachetant des sociétés ; ce n’est pas notre modèle. Nous préférons avancer progressivement, en maîtrisant notre développement. Cela permet d’éviter les déséquilibres liés à une croissance trop rapide. Pour autant, la progression reste soutenue : nous avons doublé notre chiffre d’affaires en cinq ans.
Sur quels moteurs cette croissance repose-t-elle ?
Le premier moteur, ce sont les femmes et les hommes de l’entreprise. Notre développement est très lié aux relations humaines et à la confiance que nous construisons avec les clients.
Lorsqu’un projet important se développe dans une région, nous avons tendance à nous implanter localement pour assurer le suivi du chantier et l’accompagnement du maître d’ouvrage. Cette proximité fait partie de notre démarche globale.
Vous avez choisi de vous positionner sur des projets très techniques. Quels secteurs tirent aujourd’hui votre activité ?
Nous avons fait le choix d’être une ingénierie premium, spécialisée dans des projets nécessitant une forte technicité et une approche pluridisciplinaire.
Plusieurs secteurs structurent aujourd’hui notre activité : le secteur hospitalier, l’industrie et les life sciences, notamment dans la pharmacie, le ferroviaire, avec la construction de centres de maintenance pour la SNCF, les data centers, ainsi que certains projets industriels ou tertiaires complexes.
Nous intervenons aussi sur des équipements sportifs. La rénovation du stade de la Meinau à Strasbourg nous a par exemple donné une certaine visibilité ces dernières années.
Les data centers sont très médiatisés aujourd’hui. La demande est-elle réellement en train d’accélérer ?
Il existe beaucoup de projets, mais leur concrétisation reste complexe. Les annonces sont nombreuses, mais toutes ne se traduisent pas en études puis en chantiers.
Nous avons néanmoins livré récemment un data center certifié Tier IV pour le Crédit Mutuel, en Bourgogne. Ce niveau de certification est très exigeant et relativement rare en Europe.
Votre capital est détenu à 100 % par les salariés actifs. En quoi ce modèle participe-t-il à votre développement ?
C’est un élément structurant. Aujourd’hui, plus de 140 collaborateurs sur environ 300 participent à l’actionnariat, soit dans les sociétés du groupe, soit via la foncière qui détient nos bâtiments.
Les actions doivent être revendues lorsqu’un salarié quitte l’entreprise. Cela permet de maintenir le capital entre les mains des collaborateurs actifs et d’éviter toute logique de fonds de pension.
Quelles sont vos priorités pour les prochaines années ?
Nous poursuivons notre développement sur plusieurs axes. D’abord avec Sysnium, une structure créée il y a trois ans pour accompagner les industriels dans l’intégration de leurs process dans la conception des bâtiments.
Nous continuons également notre déploiement territorial, avec l’ouverture récente d’une implantation à Lille et le développement d’une antenne à Marseille. Ce qui monte notre total d’implantations à 12. Certaines agences, comme Metz, Paris ou Nantes, comptent déjà une trentaine de collaborateurs chacune.