L’automne budgétaire s’annonce déjà comme un chemin de croix pour le système de santé français. À l’aube de l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, programmé pour septembre 2026, l’équation financière se corse, exacerbée par l’imminence de l’échéance présidentielle. Pour Dominique Pautrat, le président du directoire de la Coopérative Welcoop, le constat est sans appel : "Nous avons déjà vécu un très difficile accouchement de la loi de finance de la sécurité sociale 2026. Il est commun de dire que nous sommes arrivés au bout du système de financement de notre système de santé".
Le risque d’un PLFSS au rabais
Face au risque de voir émerger "un PLFSS 2027 au rabais, qui ne traitera rien et où on perdra encore une année", la coopérative née à Nancy il y a 90 ans a choisi d’agir en "moteur auxiliaire agile dans la refondation" du modèle actuel, avance son président. Avec un chiffre d’affaires de 438 millions d’euros, 2 000 collaborateurs et 4 000 pharmaciens coopérateurs, Dominique Pautrat estime que la Coopérative Welcoop a fait la preuve de sa "capacité d’intervention sur tous les composants du système de santé".
Une entreprise en fer de lance : Equasens
Pour redonner de l’air aux comptes publics sans sacrifier l’accès aux soins, les dirigeants de la coopérative, ne misent pas sur un énième coup de rabot réglementaire, mais sur un levier d’efficience : le numérique. Via sa filiale Equasens (1 500 collaborateurs ; CA : 236,5M€), le premier éditeur français et européen de solutions dédiées à la santé, la coopérative dispose d’une force de frappe technologique majeure. "Le numérique est un levier majeur pour mieux organiser, coordonner et faire évoluer le système de santé", appuie Jean-Pierre Dosdat, président du conseil de surveillance de la Coopérative Welcoop.
L’arme secrète de l’IA souveraine
La coopérative pousse un ensemble de propositions concrètes axées sur l’intelligence artificielle et l’automatisation. L’objectif est double : alléger le fardeau administratif et libérer du "temps médical" indispensable dans les territoires fragiles. Pour concrétiser cette ambition, Welcoop a d’ores et déjà investi "plus de 10 millions d’euros ces trois dernières années", rappelle Dominique Pautrat, pour se doter d’infrastructures informatiques, de réseaux et de serveurs de calcul souverains. En intégrant directement des agents d’IA au cœur des logiciels métiers des médecins et officines, le groupe entend automatiser les tâches non médicales chronophages. Cette souveraineté numérique forte garantit que "les données de santé soient traitées dans un cadre souverain, éthique et sécurisé", assurent les dirigeants de la coopérative.
Travailler ensemble comme gisement d’économies
Au-delà des algorithmes, la coopérative estime qu’une meilleure coordination entre les professionnels de santé offre un gisement d’économies inexploité. "L’un des leviers majeurs d’efficience du système de santé réside dans une meilleure coordination autour du patient", assure le président du directoire de la Coopérative Welcoop. En décloisonnant la transmission d’informations entre la médecine de ville, les hôpitaux et les EHPAD, le système proposé par la coopérative élimine les examens redondants. Welcoop s’appuie ici sur des réussites concrètes, à l’image de sa messagerie instantanée sécurisée PandaLab, déjà adoptée au quotidien par plus de 52 000 professionnels de santé.
Un laboratoire pour produire pour le marché français
Cette logique s’incarne également dans la défense de la souveraineté industrielle française. Le groupe détient le Laboratoire Cristers, "le seul fabricant de médicaments génériques 100 % français", qui consacre l’intégralité de ses stocks au marché hexagonal afin de juguler les ruptures d’approvisionnement. Un modèle présenté comme vertueux et non financiarisé, dans lequel la performance économique se met exclusivement "au service de l’innovation, de la qualité de service et du développement de ses activités", insiste Dominique Pautrat.
Prouver l’efficience par la prévention sur le terrain
Pour convaincre l’exécutif de la viabilité de ses propositions dans le cadre du PLFSS, Welcoop met en avant des résultats tangibles. C’est le cas du volet de la prévention, désigné comme le premier axe de refondation nécessaire. "La refondation du système de santé passera nécessairement par un changement de paradigme : il faut investir davantage dans la prévention", assure les dirigeants de la Coopérative Welcoop.
Une économie de 28,6 millions d’euros grâce au plan antichute
Le groupe rappelle que le plan national antichute lancé par le gouvernement en 2022 est resté largement lettre morte, "faute de moyens et en raison des changements gouvernementaux successifs". Pourtant, en s’emparant du dispositif dès 2023 à travers une offre articulant des audits au domicile menés par sa filiale D-Medica et l’engagement des officines, la coopérative a prouvé l’efficacité du modèle. "Depuis 2023, le plan antichute de La Coopérative Welcoop a sécurisé 2 867 patients pour une économie globale estimée de 28,6 millions d’euros" pour l’Assurance Maladie, grâce notamment aux hospitalisations évitées, rappelle Dominique Pautrat. Mieux encore, la solution se révèle "auto-financée et ne pèse donc pas sur le système de santé".
En transmettant un Livre blanc sur le vieillissement de la population aux pouvoirs publics d’ici la fin de l’année, la Coopérative Welcoop entend imposer ses solutions technologiques et organisationnelles dans les travées du Parlement.