Après trois ans de baisse, la construction neuve de logements augmente légèrement en Bretagne, avec + 0,6 % sur douze mois glissants à fin juillet 2025. C’est le résultat de la dernière enquête de conjoncture révélée par la Fédération du Bâtiment de Bretagne (FFB Bretagne). Ce retournement est dû à l’arrêt de la chute des mises en chantier dans l’individuel et la reprise du collectif (+ 9,4 % sur un an). Le signal le plus encourageant vient des autorisations de logements, en hausse de + 13,3 %, bien supérieur à la moyenne nationale (+ 3,8 %), ce qui laisse espérer un redémarrage plus net à l’horizon 2026.
En parallèle, la rénovation consolide sa place de pilier du secteur, avec 54 % de l’activité, sur un total de 12,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires au sein du secteur de la construction en Bretagne. Au 2e trimestre 2025, l’activité a d’ailleurs progressé de + 2,7 % en valeur et + 1 % en volume, grâce notamment aux dispositifs publics (comme MaPrimeRénov'…).
La construction de locaux d’activité en repli
Par contre, la construction neuve de locaux subit, elle, un repli de -5,8 % en un an, à cause notamment des incertitudes économiques et politiques, qui rendent les investisseurs plus frileux. La stagnation des surfaces autorisées (0 %) confirme également le risque d’un cycle de ralentissement prolongé.
"En cette rentrée, beaucoup de chefs d’entreprise sont écœurés de voir ce qui se passe actuellement au niveau politique, livre Stéphane Le Teuff, président de la FFB Bretagne. Il y a une rupture entre nous et les partis, qui ne pensent qu’aux élections ! Sur le territoire, nous avons tout pour travailler — les permis de construire, la main-d’œuvre, les formations — mais nous ne pouvons pas le faire sereinement dans ce contexte politique incertain. Que l’on nous laisse travailler !"
En plus de l’instabilité politique et d’un changement de gouvernement à venir, le président pointe la crainte des blocages dans le pays et d’une crise sociale.
Appel à la mise en place d’un statut de bailleur privé
"Nous avons fait des efforts pour garder nos salariés pendant ces six années de crises successives (plus de 83 400 salariés en Bretagne et plus de 3 600 apprentis), peinant à retrouver la rentabilité, ajoute le président. Aujourd’hui, le logement neuf repart légèrement, et nous appelons l’État à relancer l’investissement privé, par la mise en place d’un statut de bailleur privé, ajoute Stéphane Le Teuff. Nous avons également besoin de stabilité pour les aides à la rénovation, qui représente désormais le premier marché en Bretagne."
Progression espérée en 2026
Pour la fin de cette année, la FFB Bretagne entrevoit une confirmation de scénario contrasté : le chiffre d’affaires du bâtiment progresserait au total de + 0,4 % en 2025 (après une chute de -3,1 % en 2024) et même de + 0,8 % en 2026, tiré surtout par la rénovation.
Demande d’assouplissement du dispositif ZAN
"Nous avons la chance d’avoir une région attractive, où la demande de logements est importante et où le tertiaire est dynamique également", constate Stéphane Le Teuff. Avant de demander pour finir un ajustement du dispositif ZAN (zéro artificialisation nette). "Face au frein du ZAN, qui a bloqué beaucoup d’autorisations de la part des maires, nous voulons travailler avec la Région Bretagne pour assouplir les règles. Nous appelons à un assouplissement du ZAN afin de concilier les enjeux environnementaux avec ceux de l’aménagement du territoire et de développement économique."