La Charcuterie bordelaise lève des fonds pour sortir de l’ornière

La Charcuterie bordelaise lève des fonds pour sortir de l’ornière

Un an après son placement en redressement judiciaire, et 6 mois après avoir connu une crise sanitaire, la Charcuterie bordelaise obtient du tribunal de commerce de Bordeaux un plan de continuation. Plusieurs investisseurs entrent au capital.

Le 28 décembre 2015, la Charcuterie bordelaise faisait la Une de toute la presse. Avec une actualité dont la PME girondine se serait bien passée: la présence de listeria dans certains de ses grattons et pâtés (1). Le coup aurait pu être fatal pour l’entreprise, placée en redressement judiciaire 6 mois plus tôt. Finalement, après des mois de lutte pour la survie de sa société, Arnaud Chedhomme a obtenu du tribunal de commerce de Bordeaux, le 29 juin, un plan de continuation pour son entreprise.

Expalliance prend 10% du capital
Pour sortir de l’ornière, la Charcuterie bordelaise réalise une levée de fonds de 600.000€. Arnaud Chedhomme conserve plus de 70% du capital, et fait entrer à ses côtés des salariés (3% des parts), des investisseurs privés dont Frédéric Cauchois (5%) et la coopérative Expalliance (10%). Cette dernière, filiale du Groupe Terres du Sud, réunit 650 éleveurs dans le Sud-Ouest. « L’arrivée d’Expalliance est une très bonne nouvelle, qui confirme le lien étroit qu’entretient la Charcuterie bordelaise avec les éleveurs régionaux, explique Arnaud Chedhomme. Nous allons bénéficier d’un meilleur " sourcing " des bêtes et donc d’une meilleure qualité des produits finis ». La part d’Expalliance dans les approvisionnements de la Charcuterie bordelaise est passée de 15% à 90%.
Grâce à la levée de fonds, la Charcuterie bordelaise va investir dans de l’informatique, et des nouvelles lignes de conditionnement et d’étiquetage.

Développer l’export pour atteindre 40% du CA
« Nous repartons en conquête, affirme le gérant. Nous gardons notre ADN, la valorisation des produits du terroir, et nous affichons de fortes ambitions à l’international. L’export, qui pèse pour 10% de notre chiffre d’affaires, devrait représenter 30 à 40% d’ici 3 ans ».
Pour Arnaud Chedhomme, si les 6 derniers mois ont été « très durs psychologiquement », ils lui ont aussi permis de beaucoup apprendre de la gestion de crise et de la nature humaine: « Certains ont essayé de profiter de la situation alors que d’autres se sont révélés de précieux soutiens. Mais si l’entreprise s’en est sortie, c’est avant tout grâce aux salariés. La plupart d’entre eux ont été merveilleux et cette épreuve les a fédérés ».

Soutien du commissaire au redressement productif
Les salariés pouvaient légitimement s’inquiéter quand, en janvier, le chiffre d’affaires a dévissé de 50% et que le gérant a dû recourir au chômage technique. J’ai également profité du soutien continu du commissaire au redressement productif, Nicolas Mornet, et de l’accompagnement toujours bienveillant de l’administrateur judiciaire, Maître Serge Cera. J’ai même été aidé par des clients, comme Carrefour, qui m’a payé un audit pour identifier l’origine de l’apparition de la listeria. Finalement, le problème provenait des boîtiers électriques de certaines machines de conditionnement ».

(1)
Arnaud Chedhomme a été condamné à un an de prison avec sursis et trois ans d’interdiction de gérer pour ne pas avoir retiré de la vente certains produits contaminés. Cette décision est suspensive car le gérant fait appel de la décision : « Je trinque car je suis le mandataire social de l’entreprise, explique Arnaud Chedhomme. Ma responsable production m’avait assuré que le nécessaire avait été fait alors que ce n’était pas le cas.


Charcuterie bordelaise
(Villenave d’Ornon)
Gérant: Arnaud Chedhomme
CA 2015: 11,5 M€
55 salariés
05 56 85 87 11
www.charcuteriebordelaise.fr