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La carbone thérapie, un traitement unique en France, bientôt à Caen en 2028
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La carbone thérapie, un traitement unique en France, bientôt à Caen en 2028

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Le seul accélérateur d’ions carbone de France est en cours d’installation au Cyclhad, basé à Hérouville-Saint-Clair. Dès 2028, il permettra une nouvelle forme de radiothérapie pour traiter certains types de cancers. L’ensemble du programme représente un investissement total de 120 millions d’euros.

Le chantier d’installation du C400 IONS, l’accélérateur d’ions carbone dont s’équipe le CYCLHAD à Hérouville-Saint-Clair pour traiter les patients atteints de certains cancers avec une nouvelle forme de radiothérapie — Photo : DR

La radiothérapie conventionnelle utilise les rayons X pour détruire les cellules cancéreuses des patients, en irradiant la tumeur, mais aussi des tissus sains et ceux qui entourent la tumeur. L’hadronthérapie n’emploie pas les rayons lumineux X, mais des faisceaux de particules lourdes, tels que les protons (protonthérapie), les ions carbone (carbonethérapie) ou encore les ions hélium (héliumthérapie). Depuis 2018, le Cyclhad (Centre européen de recherche et de traitement en hadronthérapie) appareille une machine de protonthérapie en fournissant les faisceaux de particules, permettant de traiter jusqu’à 300 patients par an suivis par le centre Blaclesse de Caen.

Un appareil conçu par l'entreprise caennaise Normandy Hadrontherapy

Depuis septembre 2025, a débuté au Cyclhad le chantier d’installation d’un nouvel accélérateur de particules à ions carbone, le C400 IONS, un appareil conçu par l’entreprise caennaise Normandy Hadrontherapy. "À terme, nous disposerons de trois salles d’irradiation, dont deux salles de traitement et une salle de recherche, nous permettant d’étendre l’accès médical aux soins à davantage de patients", explique Gabriel Gaubert, directeur général de Cyclhad.

Inconnu par l’ARS car trop innovant

La précision balistique - celle du tir du faisceau - des hadrons protège les tissus sains et les organes à risque (cerveau, glandes salivaires..), évitant de dégrader la qualité de vie du patient après traitement. Parmi les hadrons, les protons sont adaptés pour les cancers de la tête et du cou, ORL, quelques cancers du sein rares et certains cancers cutanés, tandis que les ions carbone vont pouvoir traiter des cancers dits "radio résistants".

La mise en service de cet accélérateur C400 IONS est prévue pour début 2028. "Ce traitement a besoin d’être reconnu par les autorités sanitaires, donc il va falloir en faire la preuve. Vu qu’on n’avait pas de machine comme celle-ci en France auparavant, ce traitement n’existe pas au regard des autorités sanitaires. La radiothérapie classique est bien connue parce que la moitié des nouveaux patients atteints de cancers en France (200 000, NDLR) sont traités aux rayons X. Or, à peine 1 % d’entre eux bénéficie d’un traitement en protonthérapie, surtout à Nice et à Caen, mais aucun en carbone thérapie", souligne le directeur général de Cyclhad.

Seules trois autres machines sont opérationnelles en Europe (Heidelberg en Allemagne, Pavie en Italie et près de Vienne en Autriche), les autres se trouvent principalement au Japon et en Chine. "Nous serons équipés avant les États-Unis. À terme, nous visons de pouvoir traiter 500 patients minimum par an", assure Gabriel Gaubert.

Des emprunts garantis par la Région

L’ensemble du programme représente un investissement total de 120 millions d’euros, dont 50 millions d’euros pour le seul C400 IONS, entièrement financés par le Cyclhad, mais dont les emprunts sont garantis par la Région Normandie. Une implantation favorisée par la présence d’un plateau médico-technique exceptionnel sur le plateau nord de Caen, regroupant le GANIL (Grand accélérateur national d’ions lourds) de Caen, des laboratoires de physique corpusculaire, des laboratoires d’imagerie dont le centre CYCERON, des hôpitaux de type CHU, le centre Baclesse. "Sans oublier tout l’environnement nucléaire normand, toujours soutenu par la Région, qui a eu à cœur de développer les applications médicales issues de la recherche nucléaire", précise Gabriel Gaubert.

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