La société biopharmaceutique alsacienne vient d'obtenir un prêt de 20 ME de la part de la Banque européenne d'investissement (BEI), la banque de l'Union européenne (UE) qui met ses financements au service de projets d'investissements contribuant à la réalisation des objectifs des politiques de l'UE. La signature officielle de cet accord par le vice-président de la BEI, Ambroise Fayolle, et le président-directeur général de Transgène, Philippe Archinard, s'est tenue dans les locaux de l'entreprise, en présence de l'actionnaire principal Alain Mérieux. Enfin une bonne nouvelle pour les 140 salariés de Transgène ! L'entreprise avait été contrainte de licencier près de la moitié de son effectif en 2015 pour « préserver sa compétitivité et assurer durablement son avenir ». Lors de cette réorganisation, les dirigeants avaient choisi de concentrer les moyens de Transgène sur la recherche et le développement mais de délaisser ses activités de bio-production et de développement industriel. Une manière d'économiser près de 15 ME par an, tout en continuant à développer des produits innovants dans l'immunothérapie des cancers et des maladies infectieuses. Transgène vient de céder son actif de production conçu pour la fabrication de lots cliniques de produits biopharmaceutiques et de vaccins à ABL Europe, filiale de ABL Inc, deux sociétés appartenant aussi à l'Institut Mérieux. Une étape de plus dans la réorganisation de la société.
« Une première en France »
« C'est la première fois en France et la deuxième en Europe que la BEI accorde un tel prêt à une entreprise du domaine de la recherche médicale », souligne Ambroise Fayolle. Ce soutien financier à Transgène s'inscrit dans le cadre du programme de recherche de l'UE pour 2014-2020, Horizon 2020, et des produits financiers InnovFin IDFF - financement européen de l'innovation, Infectious diseas finance facility - qui prévoient des prêts sur mesure pour le financement de projets à haut risque dans le domaine des maladies infectieuses. En contrepartie, la société biopharmaceutique s'engage à développer trois traitements contre les maladies infectieuses : l'hépatite B chronique, les cancers induits par les virus, et la tuberculose.
Visibilité financière jusqu'en 2018
« Le financement de la BEI est catalytique pour nous, commente Philippe Archinard. C'est une preuve de confiance qui confirme que notre plan stratégique tient la route, et qui va nous permettre de le déployer ! Cela va rassurer nos partenaires, mais aussi toutes les personnes qui travaillent ici tous les jours ! ». Pour obtenir cet appui financier, la société a été auditée huit mois par les services de la BEI. La société alsacienne va par ailleurs recevoir 10 ME de la part de son actionnaire historique, l'Institut Mérieux. La trésorerie disponible de l'entreprise devrait alors atteindre les 60 ME, de quoi financer les projets de recherche jusqu'en 2018. Suite à ces annonces, les actions de l'entreprise cotée en bourse ont enregistré une forte hausse.
Premier patient traité
Lors de cette signature, Philippe Archinard a par ailleurs annoncé de bonnes nouvelles à propos de deux traitements "Pexa-vec" et "TG4010" développés par Transgène. Le premier, contre le cancer du foie, est entré en phase 3. « C'est la phase ultime de développement. Un premier patient a été traité ! », précise le président-directeur général. Le second, contre le cancer du poumon, peut désormais entrer en phase 3, à condition de trouver les fonds nécessaires. « C'est un investissement lourd : plus de 50ME sur cinq ans minimum ». Philippe Archinard a par ailleurs indiqué que des discussions ont été engagées avec des partenaires cliniques et biopharmaceutiques pour initier des essais cliniques sur ces deux médicaments.