Tout commence par une déconvenue: à l'été 2005, Yann Raoul, jeune ingénieur, achète un billet SNCF Prem's. Mais il doit annuler son voyage. Problème: le billet n'est ni échangeable, ni remboursable. 60€ perdus. Et le début de l'aventure KelBillet, le site d'échange et de revente de billets entre particuliers qui a le vent en poupe. «Quand j'ai dû jeter mon billet de train, je me suis dit que je n'étais peut-être pas le seul à connaître pareille mésaventure, explique Yann Raoul. C'est ainsi que j'ai imaginé mettre en relation les voyageurs. Cela a tout de suite été le succès! Il y avait une vraie demande.»
500.000 membres
Pendant deux ans, depuis Rennes, le jeune créateur consacre ses soirées et ses week-ends à son idée géniale avant de décider d'en faire un métier à plein-temps à partir de 2008 et de démarrer en société l'année suivante. Après un gros travail en R & D, une première version du site apparaît en 2010, la dernière datant de quelques semaines. Le site kelbillet.com - sept salariés aujourd'hui - fonctionne sous le mode consumer to consumer. S'il propose d'abord de la revente de billets entre particuliers avec possibilité d'achat de billets neufs à prix concurrentiels, il propose aussi des "bons plans" voyages conformément à l'idée initiale. «L'idée est de simplifier la préparation du voyage», explique Yann Raoul qui insiste sur la dimension "communautaire" de son entreprise. «Nous portons une grande attention à la dimension éthique. Nous n'hésitons pas à supprimer des comptes si nous constatons des abus», prévient le président de la SAS, support du site qui est en passe de franchir le cap des 500.000 membres.
Banquiers pas convaincus, business-angels oui
Pour développer son entreprise qui vit de la publicité et des commissions rétrocédées par les opérateurs de transport partenaires, Yann Raoul tente sans succès de convaincre les banques. «Car elles restent sur la bulle spéculative des années 2000». Il va en revanche réussir à convaincre des business-angels avec une levée de 200.000 € en 2010. Un investissement apparemment judicieux: «la rentabilité prévue à l'année 3 est arrivée dès le premier exercice», se réjouit Yann Raoul. Au terme des seize premiers mois, KelBillet avait réalisé un CA de 278.500 € pour un résultat de 133.452 €. «Le CA sera sensiblement supérieur au terme du deuxième exercice en cours», affirme Yann Raoul.
C'est en devant jeter à la poubelle un billet de train que Yann Raoul a eu l'idée de créer Kelbillet.com, site de vente de titres de transport.