La dernière fois qu'elle a laissé du temps au temps, c'était pendant ses études. «J'ai fait le choix de m'engager dans des études longues car c'est un temps exceptionnel et privilégié dans une vie, déclare Karine Dognin-Sauze. Je ne voulais pas apprendre un métier mais apprendre à penser et acquérir une maturité intellectuelle.» Le virus des voyages la prend dès ses études puisqu'elle passera 18 mois à Turin, dans une école de commerce. Ensuite, tout s'enchaîne rapidement. «Je souhaitais travailler dans la pub ou le monde des loisirs, se souvient-elle. Dès la fin de mes études, une rencontre avec les responsables de la filiale Exasoft, un distributeur de jeux vidéo Electronic Arts, m'emmène dans l'aventure d'un secteur extra! Le milieu me convenait parfaitement: j'allais évoluer dans le secteur des loisirs, au sein d'une industrie innovante avec une dimension création artistique forte, sur des nouvelles technologies et des produits massmarket.» Basée à Lyon, elle prend la direction marketing du groupe pour faire le lien entre les tendances américaines et l'adaptation des produits à l'Europe. Elle trouve ce qu'elle est venue chercher dans un job: du fun, du plaisir et des projets d'avenir.
La culture de la performance
La start-up prend de l'ampleur. Tout va vite, très vite. Le rythme de vie s'accélère au fur et à mesure que les parts de marché d'EA grossissent en Europe. L'organisation interne est en mouvement perpétuel. Le management à l'américaine exige une adaptabilité de tous les instants. Sa ténacité, sa capacité à prendre les projets à bras-le-corps conduira Karine Dognin-Sauze à la direction marketing Europe durant les trois dernières années de sa carrière chez EA. «J'étais basée à Lyon mais mon équipe opérationnelle se trouvait à Genève. Et je faisais le lien entre les États-Unis et l'Europe.» La mère de famille part aux États-Unis toutes les sept semaines. L'organisation et la planification sont ses atouts. «Il faut être rapide et organisée, avance-t-elle. Ça fait partie de la culture de l'entreprise. Chacun est bien à sa place. Les processus s'imbriquent parfaitement. On est dans la culture de la performance mais avec des outils adaptés.» La visioconférence pour gérer les équipes à distance fait légion.
Problématiques terre à terre
Pourtant, entre les avions et les jeux vidéo, Karine Dognin-Sauze ressent un décalage avec la vie réelle. «J'ai eu besoin de faire une pause et de regarder le monde dans lequel je vivais. Je devenais addict à ce mode de fonctionnement...» Sa rencontre avec Gérard Collomb, qui lui propose un mandat politique, la ramène à des problématiques plus terre à terre. Elle décide de s'engager sur un projet qu'elle a bâti et qui la motive: les nouvelles technologies. «Je sais qu'il y a un potentiel à Lyon, énonce avec certitude celle qui sait convaincre. J'ai eu l'habitude de recevoir des étrangers à Lyon qui appréciaient la ville pour sa richesse économique, industrielle et culturelle. Et puis le territoire du grand Lyon présente une taille intéressante pour s'exprimer.» Aujourd'hui, la quadra affirme avoir quitté EA pour mieux équilibrer vie politique et vie professionnelle. Elle continue de mener ses projets sur l'innovation et les nouvelles technologies au Grand Lyon et intervient en tant que consultante pour des missions proposées par EA et GLEvents. «Pour éviter les conflits d'intérêts, j'interviens sur les projets parisiens de GL Events, se justifie-t-elle. Le Palais de la Bourse ou la Maison de la mutualité à Paris devraient être des lieux de référence pour l'innovation: des sujets qui me passionnent...»
Après 18 années passées chez Electronic Arts, à Lyon, Karine Dognin-Sauze devient consultante pour son ancien employeuret GL Events. Une façon dese réapproprier du tempspour mieux équilibrer sa vieentre engagements au Grand Lyon et fonctions professionnelles.
Stêphanie Polette