Jean-paul Tuffelli est expert auprès des compagnies d'assurances, à Verdun, et dirige la SARL Le Vern, à Étain.
Les salariés jouent-ils le jeu en matière de prévention des risques?
Les salariés devraient normalement être les premiers concernés par les risques auxquels ils sont exposés et naturellement prendre toute mesure pour s'en prémunir. Néanmoins, trop souvent ils ressentent les règles mises en place comme des contraintes inutiles, voire aberrantes qui obèrent leur temps de travail ou pénalisent leur mouvement. Il est vrai que parfois certaines dispositions peuvent prêter à discussion...
Par exemple?
Marcher sur ses lacets pendant son travail constitue un accident du travailPorter des mocassins supprimerait la présence des lacets mais il n'existe pas de mocassins de sécurité... En matière de désamiantage, la réglementation impose que les personnels prennent une douche durant 10 mn, destinée à abaisser leur température corporelle qui s'est anormalement élevée par suite du travail sous combinaison «étanche». Le chef d'entreprise doit acquérir ou louer des cabines de douche à installer sur le chantier, obligation ayant une incidence financière non négligeable... Mais la même réglementation est totalement muette sur la température de l'eau de douche et sur les moyens de vérifier l'utilisation effective de ces installations... Les échelles et escabeaux ont été classés comme des moyens de passage et non des postes de travail. Comment expliquer à un retraité qui veut faire repeindre les persiennes et garde-corps de son immeuble qu'il faut installer un échafaudage sur toute la façade ce qui, in fine, doublera sa facture? Pour autant, il importe que chacun prenne conscience de l'importance de l'enjeu et des risques encourus en cas de non-respect de ce qui, au fil des ans, est devenu une obligation de résultat pour le chef d'entreprise, obligation susceptible de mettre en jeu sa responsabilité financière et même pénale.