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irecteur général adjoint d'un groupe de 800 personnes à l'âge de 28 ans, cela donne envie d'en savoir plus sur votre parcours! Pourtant, vous êtes resté très discret depuis votre arrivée dans l'entreprise...
J'ai commencé par deux ans d'éco-gestion à la fac de l'Arsenal avant de partir à Paris passer une maîtrise de sciences de gestion puis d'intégrer l'EM Lyon. Ensuite, je suis parti à New-York pendant un an, où j'ai fait de l'analyse crédit, chez Natixis. Travailler dans leur département risques en pleine crise financière, c'était... intéressant! J'ai poursuivi par un VIE de 14 mois en Argentine, au sein du service d'administration financière et de contrôle de gestion de Pierre Fabre. Je suis rentré en France en décembre 2010 et, le mois suivant, j'ai pris mes fonctions de directeur délégué du groupe Dépêche.
Quel a été votre quotidien ces dix-huit derniers mois?
Le principe que j'avais arrêté avec le président- mon père- était que je puisse, pendant cette période, faire un circuit dans l'entreprise, pour me plonger dans tous ses métiers et rencontrer les équipes. Je ne voulais surtout pas arriver comme l'héritier qui prend ses fonctions sans rien connaître du travail de chacun et du fonctionnement du groupe.
Cet héritage vous pèse-t-il?
Une entreprise familiale qui a presque 150 ans d'existence, c'est bien sûr une responsabilité. Mais je ne me pose pas trop de questions. D'une part parce qu'il y a d'autres générations qui sont passées avant moi, que mon père me fait confiance et me laisse de l'autonomie. D'autre part parce que je me suis formé pour endosser cette fonction et que c'était mon propre souhait d'intégrer l'entreprise. À condition toutefois que je puisse lui apporter quelque chose. J'ai certes grandi avec la Dépêche, même joué dans ses couloirs, mais je ne vis pas depuis 28 ans en me disant: «C'est là que je travaillerai et nulle part ailleurs!»
Vous prenez aussi la responsabilité du pôle presse et de Dépêche Interactive, qui gère notamment le site www.ladepeche.fr. Quels sont vos challenges?
On est sur un métier en pleine évolution. Les gens s'informent de plus en plus mais la diffusion de la presse écrite baisse et ce n'est pas propre à notre titre (la diffusion payante France de la Dépêche du Midi est de 175.238 exemplaires par mois en moyenne sur 2011-2012, soit -2,47% selon l'OJD, l'association pour le contrôle de la diffusion des médias, ndlr). Donc il faut qu'on change. Si le lecteur est ailleurs, on doit le suivre. Le pôle presse doit devenir le pôle multimédia. C'est indispensable à notre survie mais complexe quand on fait un journal depuis 142ans!
La Dépêche Premium, lancée le 26 septembre, est-elle "la" solution?
C'est un premier pas vers du multimédia et du multisupport. Cet outil géré par la rédaction va permettre de donner de l'information en temps réel, avec un système d'alertes sur smartphones et tablettes. Il vient compléter et enrichir- par des diaporamas photos, des vidéos, etc.- le papier qui s'actualise, lui, toutes les 24heures.
Le site Premium n'entre-t-il pas en concurrence avec ladepeche.fr, qui est le 2e site régional d'information le plus fréquenté (derrière Ouest France) avec 9millions de visites en août?
Pas du tout. L'objectif du Premium, c'est d'offrir de nouveaux services à nos lecteurs payants, qu'ils soient déjà abonnés à la Dépêche papier ou pas. Celui de ladepeche.fr, c'est de proposer une sélection d'articles du journal mais aussi du contenu extérieur pour faire de l'audience et générer des recettes publicitaires.
Que pouvez-vous nous dire de la stratégie de diversification du groupe?
Elle se poursuit, l'idée étant de mettre de petits hors-bords tout autour du navire amiral qu'est l'entreprise de presse. Le groupe fait entre autres de l'événementiel avec sa filiale Dépêche Events mais aussi du marketing sportif, avec Ovalie Communication qui a signé, cet été, un contrat avec le Biarritz Olympique. Il s'agit aussi de trouver de la charge complémentaire à nos activités historiques telles que l'impression. Dans les prochaines semaines, on commencera par exemple à imprimer le quotidien Le Monde, qui sera donc désormais disponible dès 14heures à Toulouse.
Groupe La Dépêche
(Toulouse) P-dg: Jean-Michel Baylet 808 salariés ETP (dont 244 journalistes) CA consolidé 2011: 141,4M€ 05 62 11 33 00 http://groupe.ladepeche.fr