«Je suis portugaise et fière de l'être!»

«Je suis portugaise et fière de l'être!»



Vous êtes vice-présidente de l'association culturelle portugaise, vous venez de lancer le Portugal Business club, vous semblez investie d'une mission...

Le mot est un peu fort, mais c'est vrai que j'essaie de promouvoir la culture portugaise dans tout ce que je fais. Par exemple, pour l'émission de M6, "un dîner presque parfait", je n'ai accepté de jouer le jeu que si je pouvais cuisiner portugais. Je parle couramment la langue et je retourne là-bas très régulièrement.


Pourquoi cet investissement?

J'ai toujours baigné dans cette ambiance. Mon père a été président de l'association culturelle portugaise, c'est d'ailleurs par ce biais que j'ai rencontré, à 12 ans, celui qui allait devenir mon mari.


Vous criez haut et fort vos origines, alors que nombre de Portugais, depuis plusieurs générations, essaient de se fondre dans la masse...

La communauté portugaise a l'habitude du changement et de l'aventure, nous avons une culture du travail très forte. Je pense que nous pouvons servir de modèle, je souhaite que notre contribution à l'économie du pays soit plus lisible. Je ne crois pas que l'intégration dans la masse soit une bonne solution, il vaut mieux que toutes les cultures puissent vivre ensemble, tout en gardant leurs différences. Quand j'étais petite, nous habitions dans une tour à la Cotonne, à côté de familles maghrébines, je trouvais cela magnifique. Mais il est vrai que nous n'avons pas tous le même vécu. Je suis issue d'une famille plutôt bourgeoise venant du sud du Portugal, la partie la plus riche du pays. Mon père est venu en France, pour tenter l'aventure, pas en raison de difficultés financières. Il a créé une entreprise de serrurerie. À l'époque, la France, c'était un peu comme l'Amérique. D'autres sont venus parce qu'ils étaient dans la misère. Alors s'afficher portugais, c'est un peu un rappel permanent de cette situation difficile.


N'avez-vous pas un pincement au coeur lorsque la communauté portugaise est montrée du doigt, par des blagues par exemple?

Pas du tout, cela me fait rire! Je ris bien des blagues sur les Belges, pourquoi pas de celles sur les Portugais. Cela fait partie des clichés qu'on a tous sur certains pays.


Vous êtes née au Portugal, vous vivez en France depuis 41 ans et vous êtes mariée avec un Français d'origine portugaise. Quelle nationalité avez-vous?

Je suis Portugaise! J'aurais pu avoir la nationalité française de droit puisque mon mari est français mais je ne l'ai pas souhaité. De même, je n'ai pas voulu la double nationalité. Je ne suis pas double, je suis moi, Alexandra. Cela ne m'a jamais posé le moindre problème, ni pour travailler, ni pour quoi que ce soit. La seule chose qui me gêne, c'est au niveau politique. Je ne peux pas être élue à un autre niveau que conseillère municipale, comme je l'ai été pendant 6 ans sous la mandature de Michel Thiollière. Et puis, je ne peux pas voter pour le Président de la République, cela commence à me faire réfléchir... Je ne revendique pas le droit de voter, la loi est ainsi, c'est à moi de prendre une décision.


Vos parents, il y a 20 ans, vos frères et soeurs plus récemment, sont repartis vivre au Portugal. Avez-vous, vous aussi, la nostalgie du pays comme on dit?

Non, c'est vrai que là-bas, il y a le soleil et la mer. Mais pour le reste, ce n'est pas mieux qu'ici. Je suis très bien en France, à Saint-Étienne plus spécialement. J'y vais très régulièrement pour voir ma famille, ça me suffit. Ceci dit, ce qui est rassurant, c'est que je sais que j'ai une porte ouverte. Si jamais en France, cela devenait difficile économiquement parlant, je sais que nous pourrions retourner au Portugal et travailler là-bas.