«Je n'avais pas idée que ce dossier était aussi politique»
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«Je n'avais pas idée que ce dossier était aussi politique»

Charles Benkemoun,
président de Sibell


Votre dossier de reprise de Fralib est toujours dans la course. Expliquez-nous le sens de ce projet...

Au départ, il s'agissait d'un projet de nature logistique, né d'un besoin d'espace. Mais il y a quelques mois, j'ai appris que l'un de mes concurrents, le breton Altho, allait ouvrir en 2014 une usine en Ardèche, c'est-à-dire dans ma zone géographique. Il fallait réagir. Rester mono-produit nous mettait en difficulté. J'ai donc décidé d'intégrer à notre gamme des tuiles apéritives et des croustilles. Notre projet est devenu industriel. Je souhaite créer une nouvelle unité de production capable de produire 9.000 tonnes par an. C'est un investissement global de 8M€, dont 3M€ financés par notre holding et 5M€ en financements bancaires. Nous avons le soutien de centrales d'achats: Carrefour, E.Leclerc, U et Casino. L'objectif est de créer 55 emplois dans un premier temps, et une centaine à moyen terme. C'est un pari, certes, mais très calculé. J'estime avoir 99% de chances de le réussir.


Le fait que la communauté urbaine de Marseille ait repris le site change-t-il quelque chose pour vous?

Pas du tout. Je me suis retiré de l'achat du foncier. Cela ne me dérange pas, car je considère que nous sommes le seul projet de reprise viable. Si tout fonctionne, la communauté urbaine devrait nous louer le terrain.


Pourquoi avoir choisi de se lancer dans une aventure aussi complexe?

Mais je ne savais pas où je mettais les pieds! Je n'avais pas idée que ce dossier était aussi politique! J'ai besoin de place pour me développer et il n'existe aucune autre surface de 10.000m² à proximité de mon usine. Ce local m'intéresse car, au-delà des machines dédiées à la fabrication de thé - que je ne conserverais pas, bien entendu -, il est déjà équipé pour la production agroalimentaire. J'ai annoncé que je reprendrais 55 emplois. Avec une priorité donnée aux salariés de Fralib, en fonction de leur CV. Sachant que d'ici au lancement de la production, en janvier2014, nous aurons le temps d'assurer des formations. Mais soyons clairs: je reprendrais ceux qui veulent venir, mais pas aux mêmes conditions salariales qu'avec Unilever.

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