BEP, BT, BTS et diplôme d'études supérieures des industries de la mode (DESIM) à Cholet, la jeune femme François Piou a bouclé une formation entièrement dédiée aux métiers de l'habillement. Après un premier poste de chef d'équipe dans le vêtement enfants, elle s'oriente pendant cinq ans vers la maroquinerie au poste de développement/négoce sur l'Europe de l'Est et l'Asie. Elle quitte cette entreprise en 2000 et accepte un poste basé en Thaïlande dans une filiale de l'entreprise bretonne "Les Ateliers Modèles", le licencié Baby Dior.
Contacts grâce au CRA
«J'ai suivi le mouvement vers l'international qui a marqué cette époque», explique la chef d'entreprise qui va rester 11 ans en Asie, d'abord responsable de production puis directrice du site. «Contrairement à une idée reçue, l'administration thaïlandaise est tout aussi rigoureuse que la française», tient-elle à préciser. Mais en 2010, le groupe Christian Dior décide la fermeture de l'unité de Bangkok afin de relocaliser la production en Europe. «Le développement du Luxe en Asie impose une origine Européenne des produits. La marque seule ne suffit pas. Elle a besoin d'une identité attachée à la France», explique Françoise Piou. De retour en France, elle se met en recherche de poste sur la zone Euromed mais s'inscrit parallèlement au CRA en janvier2011. Six mois plus tard, elle est mise en contact avec le fondateur de la maison Wolff, désireux de passer la main. «M.Wolff, également membre du CRA, s'était bien préparé à la vente de son affaire. Il avait consolidé l'entreprise, trouvé de nouveaux clients pour permettre une transmission dans les meilleures conditions possibles.» Le parc machine est en excellente condition.
«La négociation: nerveusement épuisant»
Côté financement, le dossier est solide, avec un apport personnel permettant un vrai effet de levier, deux banques partantes, la garantie d'Oséo et surtout un profil taillé sur mesure pour ce dossier. «Le plus difficile pour moi a été la négociation car c'est nerveusement épuisant», concède-t-elle. L'acte de cession a été signé le 7décembre dernier. La société travaille pour des marques de luxe et haut de gamme. Elle emploie 31 personnes pour un chiffre d'affaires d'1,4million d'euros. Mais Françoise Piou parle déjà d'embauches pour «augmenter le potentiel.»
En ces temps incertains, la remarque pourrait passer pour une provocation. Mais la Vendéenne Françoise Piou disposait d'un atout maître pour reprendre la société de confection féminine de luxe Wolff, rebaptisée La Ferrière Couture: son parcours.