L’assemblée départementale de Loire-Atlantique a débattu de son budget 2026, qui sera voté en février prochain. Si les incertitudes nationales n’aident pas à établir des chiffres clairs, le budget du département s’élèvera à environ 1,6 milliard d’euros en 2026. Dans cette enveloppe, 60 à 70 % seront consacrés aux solidarités : l’APA qui est une aide financière pour les personnes âgées, la PCH qui soutient les personnes avec un handicap, ou encore le RSA. Cette enveloppe sera similaire à l’année dernière, alors que les dépenses augmentent pour divers facteurs, comme le vieillissement de la population. "Les dépenses sociales ont augmenté de 31 millions d’euros par rapport à l’année précédente", constate Michel Ménard, président socialiste de Loire-Atlantique. Pour ce dernier, le département souffre surtout d’un manque de recettes face à l’augmentation inévitable des dépenses. "Selon la Cour des comptes, la Loire-Atlantique se positionne comme 97e département en recettes par habitant avec une enveloppe de 907 euros, là où d’autres départements sont au-delà de 1 000 euros", soulève le président.
Deux millions d’euros de baisse de masse salariale
Afin de boucler son budget, la Loire-Atlantique vise 2 millions d’euros de baisse de masse salariale, sur l’ensemble des 4 700 agents départementaux. "C’est l’équivalent d’une quarantaine de postes. Cela se fera avec des départs à la retraite ou des postes de contractuels non remplacés ce qui permet de préserver les dépenses de solidarité", pointe Ali Rebouh, vice-président du département en charge des finances.
Au-delà, la Loire-Atlantique ne prévoit pour l’instant pas d’autres coupes drastiques. "Nous avions déjà fait des coupes l’année dernière dans les subventions pour l’ONPL (Orchestre National des Pays de la Loire, NDLR), ou certaines subventions pour des événements sportifs", pointe Michel Ménard.
Une légère augmentation des droits de mutation
Parmi les ressources, les départements peuvent compter sur les droits de mutation, soit l’impôt dû lors de la vente d’un bien immobilier. "Nous touchions 430 millions d’euros de droits de mutation en 2021. Après être descendus à 271 millions d’euros l’année dernière, nous devrions atterrir aux alentours de 305 millions d’euros pour 2025", pointe Michel Ménard, pas mécontent de cette récente inversion de tendance. "Nous ne sommes pas inquiets sur le court terme, mais plutôt pour 2027 ou 2028, où nous n’avons aucune visibilité", ajoute-t-il.
"Aujourd’hui, nous ne pourrions plus nous engager sur un projet comme Mixt"
Ce fonctionnement fait dépendre les départements de la santé d’un secteur. Quand la situation économique est moins bonne, il y a donc moins de recettes. Et le département doit de surcroît faire face à plus de dépenses sociales. "Le gouvernement doit changer de mode de financement, car nous n’avons aujourd’hui plus de levier fiscal, ou un impôt sur lequel nous pourrions agir. Quinze départements étaient en difficulté en 2024, puis une trentaine en 2025, et environ 60 aujourd’hui", s’alarme Michel Ménard. Néanmoins, le département parvient à investir, comme avec la nouvelle salle de spectacles nantaise, Mixt, qui a bénéficié de 35 millions d’euros. "Ces investissements ont été décidés il y a plusieurs années, ajoute le président. Aujourd’hui, nous ne pourrions plus nous engager sur un projet pareil".