«J'ai sauvé mon commerce en créant une Amadip»
# Commerce

«J'ai sauvé mon commerce en créant une Amadip»

Son défi A la recherche de trésorerie pour parvenir à maintenir son activité de disquaire indépendant, Jean Colomina a choisi de créer une déclinaison du principe de l'Amap.

« C'est en 1990, que j'ai créé Musiques-Arles, avec Catherine Le Guellaut. Nous sommes l'un des derniers artisans disquaires généralistes et indépendants. Mais, aujourd'hui, le téléchargement et la concurrence d'internet nous ont conduits à repenser notre positionnement. Nous avons ainsi envisagé, début novembre2011, de supprimer notre rayon disques, qui représente près de 60% de notre activité. Puis des clients nous ont parlé du système des Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne). Nous avons discuté notamment avec l'Amap de Fourques, toute proche, et nous avons décidé de créer une Amadip (Association pour le maintien à Arles du disquaire de proximité), présidée par l'un de nos clients, Amor Flores. Nous l'avons mise en place voici deux mois après plusieurs réunions sur le projet auxquelles ont participé de nombreuses personnes de l'économie sociale et solidaire. Nous demandons à nos clients un soutien citoyen afin de nous aider à disposer de la trésorerie nécessaire au maintien de notre activité. Il s'agit d'adhérer à l'Amadip et ensuite de s'engager sur des abonnements de six ou douze mois. Les personnes viennent acheter les disques au rythme qui leur convient. Nous avons aujourd'hui 200 adhérents. Il nous en faudrait 300 pour nous permettre d'équilibrer».




Un combat citoyen

«Petit à petit, la démarche dépasse les frontières du Pays d'Arles. Nous avons des adhérents d'Avignon, mais également du Massif Central ou de Midi-Pyrénées. Ils adhèrent car la démarche leur semble cohérente. Par notre action, nous soulevons un problème de fond. Sommes-nous vraiment des dinosaures? Ce qui se joue, c'est l'avenir des commerces de centre-ville. Nous avons réussi à survivre aux centres commerciaux, mais, désormais, la concurrence d'internet nous est fatale. Pourtant, nous avons un travail d'écoute, de recherche, de conseil, de proximité qui n'est pas remplaçable. Au sein de l'Amadip, nous envisageons de créer un site internet où nous pourrions partager les coups de coeur de nos acheteurs, où nous pourrions permettre aux musiciens locaux et régionaux d'annoncer leurs dates. Toute une communauté pourrait se constituer. Le livre est protégé par un prix unique et il existe un système de retour des invendus auprès des éditeurs. Ce n'est pas le cas pour le disque. Universal peut me vendre plus cher un disque que le prix de vente public sur Amazon. Et pour les retours, au final, les grandes maisons de disques ne reprennent que 30% des produits. Il n'y a jamais d'engagement écrit. Nous devons donc acheter les disques que nous vendons et prendre un risque pour chaque album. Quel va être son impact économique? Les acheteurs vont-ils chercher ce produit dans notre boutique? Il nous faut trouver des niches pour nous démarquer ».

Amadip



Arles 04 90 93 26 29 @email

# Commerce