«J'ai rebondi après une liquidation judiciaire»
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«J'ai rebondi après une liquidation judiciaire»

Son défi Pierre Fischer, dirigeant de HTP Industrie à Wittelsheim a sauvé son entreprise, malgré une liquidation en 2009, à force de sérieux et de combativité.

«J'ai créé la société High Tech Productique (HTP) en 1993. Spécialisée dans la conception et la réalisation de machines outils, ses principaux clients étaient les constructeurs et les équipementiers automobiles. J'ai dû déposer le bilan en 2006, quand PSA et Renault ont externalisé leur production d'équipements en Tchéquie. J'avais un million d'euros d'impayés. J'ai licencié 15 salariés. Et en 2007, la société a été placée en redressement judiciaire. Avec l'accord du juge, j'ai alors créé HTP Industrie. J'ai gardé le même nom pour que nos clients ne remarquent pas qu'on était en redressement judiciaire. Cela nous a permis de rentrer des commandes. 18 mois après, nous sommes sortis du redressement judiciaire avec 500.000euros de dettes à rembourser. Mais du fait de la crise économique, les commandes ont nettement reculé au début de l'année 2009. Nous nous sommes retrouvés dans l'incapacité de payer nos créances. Comme l'État avait mis en place une convention de reclassement pour les salariés de l'automobile, la quasi-totalité de mes salariés sont partis et ont profité de la prime de licenciement. J'ai dû liquider la société. Mais j'aurais dû le faire deux ans plus tôt. Car entre2007 et2009, je me suis ruiné pour payer les salaires et maintenir l'effectif à 80 personnes», regrette Pierre Fischer.




Division de l'activité en trois sociétés

«En juin2009, j'ai constitué le groupe actuel avec mon fils, Florent, en créant trois entreprises: PG2F, une société commerciale, GF Concept, un bureau d'étude et GF Production, un atelier de montage. Le tout est chapeauté par la holding HTP Industrie. J'ai scindé l'activité pour que ces trois sociétés se suffisent à elles-mêmes, au cas où HTP Industrie ne rentre plus de commandes de machines outils. J'ai recommencé l'activité avec les cinq salariés restants sur les 80 que comptait l'effectif. J'ai réembauché dès la fin de l'année 2009. Nous avons vite repris le dessus. Aujourd'hui, nous sommes une trentaine et nous avons réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 2,2millions d'euros. Cette année, nous prévoyons un chiffre de 4millions. Notre expérience et notre sérieux nous ont permis de rebondir. Mais ma hantise reste la question des charges, des frais fixes, de l'Urssaf... Je ne prévois plus beaucoup d'embauches. Je sous-traite tout ce que je peux.




Des relations clients endurcies

J'ai appris à me débrouiller seul. Depuis quatre ans, nous nous autofinançons. La machine-outil étant un domaine d'activité à risque, les banques ne prêtent pas. Or, ce marché demande une bonne réserve de trésorerie car nous devons acheter énormément de matériels et nous ne sommes payés qu'une fois la machine livrée chez le client. Mais nous avons réussi à négocier des conditions d'achat auprès de nos fournisseurs. Et avec nos clients, nous avons mis en place des jalons intermédiaires de paiement. Nous avons également diversifié nos secteurs d'activité. Nous travaillons toujours pour l'automobile mais nous avons trouvé des niches dans le secteur de la téléphonie et dans l'industrie cosmétique et pharmaceutique. Notre objectif dans les deux ans à venir est de faire baisser de 50 à 40% la part du secteur automobile dans notre chiffre d'affaires», annonce le dirigeant.

HTP Industrie



(Wittelsheim) Dirigeant: Pierre Fischer 30 salariés Chiffre d'affaires 2011: 2,2millions d'euros 03 89 66 97 90

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