«En juin2010, j'ai pris la décision de mettre l'entreprise en redressement judiciaire car nous étions au bord de la cessation d'activité et je considère qu'il valait mieux anticiper. En effet, en 2010 nous faisions 1,1M€ de pertes pour un chiffre d'affaires de 7,8M€. Self Signal a été touché de plein fouet par la crise économique dès 2008 et également par la concurrence accrue. En fait, la première vocation de la société en 1987, année de sa création, est la fabrication de panneaux de signalisation routière. Depuis 2002 et le rachat de deux entreprises, Flash enseignes et Veloso, spécialisées respectivement dans le secteur des enseignes et des remorques, la société s'est bien développée, jusqu'à atteindre 15 à 20% de croissance. J'ai repris l'entreprise en 2005 et nous avons développé des activités liées au métier de la communication commerciale.
Des fournisseurs confiants
Nos clients sont les collectivités, les grandes surfaces et nous travaillons avec des entreprises de travaux publics, des agenceurs et des prescripteurs. Malheureusement les collectivités ont redistribué leur budget et diminué leur niveau d'investissement. Comme nous travaillions à 80% pour elles, notre situation ne s'est guère améliorée. En plus, notre effectif de 110 personnes était trop important. Nous avons pris la bonne décision au bon moment. Comme nous n'avions pas de surcharge de stock, six mois après le redressement judiciaire, les 3/4 de nos fournisseurs nous refaisaient confiance. Malheureusement, le Conseil général de la Mayenne nous a retiré un marché attribué depuis 8 ans, ça nous a fait du tort. Comme les bruits qu'ont fait courir nos concurrents. Mais, j'ai voulu être le plus transparent possible afin de regagner très vite la confiance des clients. Nous avons procédé à une première vague de licenciement économique sur les postes d'encadrement supérieur afin d'alléger la masse salariale. De plus, nous avons abandonné l'activité "remorque". La deuxième phase de licenciement a concerné 14 personnes et des départs volontaires. Fin 2010, nous n'étions plus que 75.
Des embauches sont déjà prévues
Maintenant, cette situation oblige à être très rigoureux et à mieux gérer les périodes d'activité fortes afin de lisser les charges de travail. Nous devons à tout prix éviter la sous-activité, c'est pour cela que je sous-traite aussi une partie de la production à Bretagne Ateliers. J'ai coutume de dire que nous faisons de l'épicerie, les gros marchés à 600.000€ comme pour l'Atoll d'Angers sont rares. Nous faisons du standard mais aussi beaucoup de sur-mesure. Néanmoins, je reste confiant pour les prochains mois. Nous avons terminé l'année 2011 à l'équilibre et nous prévoyons 8M€ de CA et un résultat net de 500.000€ pour 2012. Nous essayons maintenant de nous rendre plus visibles dans notre activité liée à l'aménagement des espaces commerciaux et je prévois d'embaucher 4 personnes cette année et 4 autres en 2013. Aujourd'hui c'est déjà demain!»
Son défi Jean-Charles Jego, président de l'entreprise Self Signal, a été contraint de mettre en redressement judiciaire sa société pour repartir sur de bons rails.