«J'ai longtemps travaillé dans des grands groupes dont le mode de fonctionnement se basait uniquement sur les résultats financiers. Lorsque j'ai fondé Ilex, je n'ai pas voulu appliquer ce système qui, à mon sens, génère une pression infernale, des problèmes de turn-over, de mal-être et de découragement. Je cherchais un mode de management plus juste et plus respectueux, qui donne du sens et fasse de l'entreprise un lieu d'épanouissement personnel et professionnel. La rencontre avec le professeur d'éthique Mike Schanks m'a mis sur la voie. Ce chercheur a mis en exergue les quatre vertus d'Aristote que sont le bon jugement, le courage, le contrôle de soi et la justice qui, une fois maîtrisés, rendent l'homme heureux. Je me suis alors demandé comment les adapter à l'entreprise.»
Grilles d'évaluation
«Ensemble, nous avons répertorié, classé et organisé tous les comportements possibles en entreprise selon les critères du philosophe. Ce travail de fourmi s'est traduit par l'élaboration de grilles d'évaluation très concrètes et pratiques qui, pour chaque vertu, répertorie un certain nombre de comportements, classés selon des degrés de motivation. Ce qui nous intéresse ici est de savoir si le collaborateur répond aux valeurs et qualités demandées (le travail d'équipe, l'autonomie, la motivation, la préoccupation économique, la relation client, l'esprit de décision, etc.), et surtout comment le faire avancer plus loin. Le personnel de l'entreprise, moi y compris, n'est donc pas jugé sur des critères de performance économique mais sur des qualités humaines. Et je peux vous dire que le travail sur soi que cela implique est très difficile.»
Mesure rejetée puis plébiscitée
«L'acceptation de ce mode d'évaluation n'a pas été des plus simples. Il y a eu, dans un premier temps, un rejet total, les collaborateurs ne voyant pas l'intérêt de travailler sur leur conscience, leur façon d'être ou de faire. Il a fallu organiser des formations et montrer, par le biais de cas éthiques, que la plupart des problèmes qu'ils rencontraient étaient issus de leur comportement. Une fois qu'ils ont compris que ce système n'était pas fait pour les détruire ou les sanctionner, mais pour les aider à mieux se connaître, à acquérir un certain nombre de valeurs et à apprendre à les transmettre, le plébiscite a été complet. On adhère plus facilement à quelque chose qui est bon pour soi. Et les résultats ne se sont pas fait attendre. Les relations se sont améliorées, l'ambiance est plus sereine. L'entreprise inspire confiance et les clients le ressentent. Ce système de management est une force pour se maintenir sur un marché où je suis en concurrence frontale avec des multinationales à la recherche de nouvelles compétences. Il m'a permis de fidéliser mes collaborateurs et mes clients. C'est pourquoi avec Mike Schanks, nous allons commercialiser cette méthode de management à l'horizon 2012. Un livre et des modules de formation sont en préparation.»
Ilex
Vallauris Jean-Claude Georges 75 salariés CA 2010: 8,5M€ 04 92 96 00 70 @email