« J'ai acheté une imprimante 3D pour R & D Tech France »
# Services # Investissement

« J'ai acheté une imprimante 3D pour R & D Tech France »

Pascal Moigne a acquis une imprimante 3D dès 2011 pour fabriquer ses drones. Il s'est lancé depuis dans la fabrication d'une imprimante pour grosses pièces, en série.

« Lorsque nous avons acheté notre première imprimante 3D, fin 2011, je savais déjà que c'était le futur. C'est un modèle moyenne gamme pour professionnels de la société Stratsys qui nous avait coûté 50.000 € à l'époque. Elle fabrique des objets en ABS, le même plastique que les Lego. Tous les drones terrestres, volants et maritimes de R & D Tech France sont fabriqués avec cette imprimante, sauf quelques pièces et l'électronique. Nous faisons aussi des objets pour d'autres entreprises locales en sous-traitance.




La France manque la révolution

Depuis que les Chinois ont construit des maisons par impression 3D, cela fait le buzz. Mais quand nous l'avons achetée, personne n'en parlait. Début 2012, je suis allé à Bercy pour prévenir les équipes du ministère de l'Économie que ça allait révolutionner beaucoup de métiers et d'industries, mais j'ai eu l'impression que ce n'était pas leur priorité. Nos laboratoires ont travaillé sur ce domaine mais les grands groupes français n'ont pas investi pour récupérer cette recherche et les grosses entreprises du secteur sont désormais aux USA. Nous avons manqué une belle opportunité. L'impression 3D pourrait relocaliser certaines productions en France. On embaucherait des designers, des ingénieurs, des personnes chargées de la maintenance des machines, pour fabriquer ici des objets beaucoup moins chers.




Une imprimante inédite

Notre imprimante ne peut fabriquer que des objets d'environ 25 cm³ maximum. Elle ne nous suffit plus et nous manquons des contrats en sous-traitance. Depuis mars 2013, nous travaillons donc avec l'ENS Cachan à Rennes pour fabriquer une nouvelle imprimante 3D capable de faire de grosses pièces en série. À ma connaissance, nous sommes les premiers au monde sur ce créneau et de gros plasturgistes sont déjà intéressés. Si nous la vendons, le prix serait fixé entre 50.000 et 400.000 €. La fourchette est large car nous n'avons pas encore choisi quel bras robot nous utiliserons, et cet élément peut coûter entre 18.000 et 80.000 €. Ce projet de 600.000 €, subventionné par la Région, nous revient à 150.000 €.




L'aube de l'ère robotique ?

Après Internet, je savais que la prochaine révolution serait la robotique, dont l'impression 3D et les drones font partie. Pour R & D Tech France les choses s'accélèrent et je pense que l'on va être bien étonnés ces prochaines années. D'autres entreprises travaillent sur des machines capables d'imprimer en 3D du ciment, de la terre et même des cellules humaines ! On peut trouver cela un peu effrayant et cela va poser plein de questions d'éthique. Mais je crois qu'il faut y aller sur le positif en essayant de freiner sur les côtés négatifs. Face à toutes ces possibilités, il serait tentant pour nous de partir tous azimuts. Mais nous avons déjà de gros projets à gérer et nous avons du mal à trouver de l'argent, car les banques et les fonds d'investissement ne comprennent pas quand on leur parle de technique. Mon associé Joël Renault, président de Delta Dore, y arrive mieux que moi... Dans l'océan Pacifique flotte un tas de déchets en plastique de la taille d'un continent. Récemment, nous imaginions y envoyer nos drones maritimes équipés d'une imprimante 3D. En utilisant ce plastique comme matière première, ce robot pourrait se reproduire plusieurs fois ou construire un bateau en plastique par exemple. Nous nous amusions... mais c'est déjà presque réalisable. »



Julie Durand

R & D Tech France
(St-Jacques-de-la-Lande) P-dg : Pascal Moigne 7 salariés CA : 500 K€ www.retdtechfrance.fr

# Services # Investissement