Isère : Le spécialiste du concentré de réglisse Antésite se diversifie
# Investissement

Isère : Le spécialiste du concentré de réglisse Antésite se diversifie

Agroalimentaire. Antésite a validé cet été dans les linéaires le lancement de deux gammes de boissons inédites, rompant avec la traditionnelle réglisse. La marque espère s'ouvrir ainsi de nouveaux marchés, dont l'export et le B to B.

Dix millions d'euros ! C'est le volume d'affaires annuel que compte générer Antésite, d'ici 2020, contre 6 à 7 M€ aujourd'hui. « La signature Antésite en France, c'est tout un symbole », note Adrien Mollard, 35 ans, directeur général de la SA Antésite et Noirot, depuis 2010, présidée par Elisabeth Quattrocchi, mère du dirigeant. Depuis 1898, date à laquelle Noël Perrot-Berton, pharmacien voironnais, a développé Antésite pour prévenir l'alcoolisme, la boisson désaltérante à base de concentré de réglisse a conquis une belle notoriété et l'attachement du public. A Coublevie, la société produit chaque année 1,1 million de bouteilles, déclinant différents arômes : menthe, citron vert, cola, orange... « Mais la réglisse est discriminante. Le consommateur aime ou n'aime pas », souligne le dirigeant. D'où le lancement, cet été, de Thésite et Fruisite, deux nouvelles gammes de boissons à base de concentré de thé aromatisé et de fruits de printemps. La R&D aura mobilisé quelque 120.000 € d'investissements sur 18 mois.




300.000 bouteilles vendues


Du 1e r avril au 31 août 2015, 300.000 bouteilles de Thésite et Fruisite ont été vendues, via un référencement national dans 200 hypermarchés Carrefour pour la gamme Thésite sur un total de 1.000 magasins super et hyper, et régional pour les deux gammes chez Système U (dans l'Ouest et le Sud), et Leclerc (60 % des régions). La marge de référencement national est encore ample. « Toutes gammes de produits confondus, nous souhaiterions d'ici 3 ans multiplier par deux nos volumes, et commercialiser 2,2 millions de bouteilles d'Antésite, chaque année, sur le marché français », anticipe Adrien Mollard. Car, sur ce segment, le marché est porteur. Sans sucre, sans édulcorant, 100 % naturels et économiques, tous les produits Antésite sont en adéquation avec les tendances de consommation. En France, Thésite et Fruisite sont portés par la légitimité d'Antésite dans l'esprit du public. Ces innovations ouvrent aussi des perspectives inédites à la marque à l'export.




Exporter le label « Made in France »


La conquête de l'international est une préoccupation stratégique et méthodique. La marque réalise de fait 70 % de son volume d'affaires entre le 1e r avril et le 31 août. « Notre ambition est de casser la saisonnalité des ventes et d'instaurer un équilibre dans notre business model et financier. Nous analysons ainsi, par continent, l'appétence des consommateurs pour chacune de nos deux marques : Antésite et Noirot. Cette dernière, spécialisée dans l'extraction et l'aromatisation, a connu en 2012 l'envol de ses ventes sur le segment des vins aromatisés, passant de 100.000 à plus d'un million de bouteilles. L'Asie, en particulier la Chine et le Japon, en sont potentiellement friands », assure Adrien Mollard. Le dirigeant vise là-bas un positionnement premium pour ses gammes de produits, en défendant le Made in France. « Déjà, nous participerons cette fin d'année à divers salons professionnels : Best of France à New York, à Singapour, et en Europe, où la demande est plus hétérogène... des marchés sur lesquels nous prévoyons une action offensive. Dans le meilleur des cas, la commercialisation de nos gammes de produits, à l'export, devrait être effective au printemps 2016. Et la perspective de joint-venture au grand export n'est pas exclue. » D'ici 3 à 5 ans, la marque prévoit de générer à l'export un CA annuel compris entre 500 000 et 1 M€.




Cap sur le B to B


Enfin, l'ambition est forte sur les marchés B to B, à destination de l'industrie pharmaceutique, l'agroalimentaire et la cosmétique. « D'ici 2020, nous voudrions faire d'une pierre deux coups en valorisant les extraits et les plantes, et réaliser ainsi 1 à 1,5 M€ de CA annuel sur ce segment. » Initié voici 2 ans, un projet conséquent de R&D a consisté à extraire le principe actif de la réglisse (l'acide glycyrrhizique), pour l'utiliser comme édulcorant naturel dans certains médicaments. Un ingénieur vient d'être recruté pour le développement du prototype. Autre source de diversification, à 2 ou 3 ans : la fourniture aux industriels d'extraits de thé, d'hibiscus, de vanille... Ces 4 dernières années, Antésite et Noirot aura investi 2,2 millions d'euros dans de nouveaux process d'extraction, d'aromatisation et d'embouteillage.




Antésite et Noirot (Coublevie)
Dirigeants : Elisabeth Quattrocchi (Présidente) et Adrien Mollard (DG)
CA 2014 : 6,4 M€
35 salariés.
www.antesite-noirot.com

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