Depuis Rives, en Isère, siège du concepteur et fabricant d'équipements pilotes, destinés à l'industrie papetière mondiale, Franck Rettmeyer, président d'Allimand se réjouit à l'issue d'un dernier trimestre 2014, atone. « Ce temps de latence, dans les prises de commandes sur les marchés mondiaux, a permis d'intensifier l'activité commerciale du groupe, en Chine notamment », se félicite-t-il. Une activité couronnée par la signature en février de deux nouveaux contrats en Chine, pour la livraison de deux lignes pilotes pour papiers spéciaux, en 2015 et début 2016. Ces deux nouveaux marchés laissent ainsi augurer pour l'industriel un chiffre d'affaires annuel prévisionnel de l'ordre de 54 millions d'euros en 2015 et en 2016 - contre près de 35 millions d'euros en 2014. Le carnet de commande du groupe s'élève pour sa part à 72 millions d'euros pour les 18 prochains mois. Cette réussite, Allimand la doit à l'implantation en 2014 d'une filiale à proximité de Shanghai, soutenue par un financement BPI France. Au total, cinq salariés (deux Français, trois Chinois) travaillent sur place à la prospection, au SAV et à la maintenance du parc. « Le marché chinois est très sélectif, avec l'importation d'équipements très techniques, permettant de fabriquer des produits leaders premiums. La Chine, contrairement à l'Inde par exemple, a les moyens de son développement », confie Franck Rettmeyer. Présent en Chine depuis 1988, Allimand totalise sur place la vente de 24 machines à papiers à très haute valeur ajoutée. « La province de Zheijiang offre une forte concentration d'industries papetières à la pointe. Là-bas, notre technologie est référente. »
L'investissement pour moteur
De fait, l'entreprise française, créée en 1850 à Rives, et détenue depuis six générations par la famille Rettmeyer (à hauteur de 65 % du capital), est aujourd'hui leader sur le marché des machines à papiers spéciaux, tels les papiers à " fibres longues " pour le médical, l'aéronautique, la construction, l'automobile, le stockage d'énergie... Des secteurs sensibles, pour lesquels l'entreprise s'engage à une confidentialité totale sur l'ensemble des domaines applicatifs.
Aujourd'hui, entre 80 à 85 % du chiffre d'affaires annuel d'Allimand émanent des marchés internationaux. La moitié du volume d'affaires est réalisé en Europe (France, Allemagne, Grande Bretagne, République Tchèque, Espagne...) et au Maghreb ; l'autre moitié au grand export. La stratégie export s'appuie sur un réseau d'agents implantés dans une vingtaine de pays, développé dès les années 1960. Aujourd'hui, pour gagner en compétitivité sur ces marchés exigeants, le groupe injecte entre 5 à 10 % de son chiffre d'affaires annuel dans la R & D. « L'ambition est bien d'introduire des process papetiers précurseurs, sur des marchés de plus en plus complexes. Nous disposons ainsi de lignes pilotes complètes pour les tests, en France et aux États-Unis », rappelle Franck Rettmeyer, qui consacre par ailleurs 20 % de l'activité à l'amélioration de la performance du parc de machines existant, dont la durée de vie moyenne est de 40 à 60 ans. Parallèlement, le montant annuel moyen des investissements dans l'optimisation de la production, ces 5 dernières années (hors investissements R & D), oscille entre 500 K? et 1 M?. Ainsi, pour consolider son assise, l'entreprise a récemment investi 1,5 millions d'euros dans de nouveaux moyens de gestion de la production (dont un système ERP/PLM), tout en renforçant le niveau de compétences de ses équipes. Et pour anticiper les mutations sectorielles, Allimand a déployé fin 2014, en partenariat avec la Direccte, un plan de formation AME (Appui aux mutations économiques), auprès de 70 des 300 salariés de l'entreprise, toutes catégories confondues, mobilisant un budget de 112.000 ?. Allimand prévoit également en 2015 le recrutement, en France, d'une vingtaine de salariés très qualifiés (papetiers, mécaniciens, hydrauliciens...).
Allimand
(Rives) Président : Franck Rettmeyer 300 salariés CA 2014 : 35 M€ www.allimand.com