La partie n'était pas joué d'avance, au regard d'une situation économique tendue qui perdure, et pourtant. En matière d'investissements étrangers, la Côte d'Azur a su en 2015 tiré son épingle de jeu. Et affiche même un bilan parmi les meilleurs enregistrés depuis 2007, avec 33 décisions d'implantations d'entreprises et d'extensions de sites issues de 14 pays. Soit, si l'on traduit en terme d'emplois, 504 créations de postes prévues dans les trois ans.
"Positionnement stratégique compris des investisseurs"
"Ces implantations sont plus petites qu'elles ne le furent par le passé", concède le directeur général de l'agence de développement économique Team Côte d'Azur, Jacques Lesieur, qui ne veut toutefois pas bouder son plaisir. "La Côte d'Azur reste particulièrement attractive parce qu'on y trouve des talents, un écosystème fort et un positionnement stratégique précis et bien compris des investisseurs." Le directeur y voit l'impact de la dynamique French Tech Côte d'Azur, "l'apprentissage du travailler ensemble des territoires qui font que, aux côtes des locomotives Eco-Vallée confirmée dans son concept de smart city (11 décisions d'investissement) et Sophia Antipolis (13 décisions), d'autres terres émergent avec des positionnements intéressants". A savoir le Pays de Lérins et son pôle image (4 décisions) et le Pays Grassois et son héritage du parfum (4 décisions).
Les TIC en tête
Sans grande surprise, le secteur des TIC représente plus des deux tiers des investissements comme des emplois en 2015 avec quelques grands noms dans les domaines du cinéma digital (Dolby), de la simulation numérique (Ansys) ou encore de l'électronique (TDK). De même, plusieurs projets à forte composante technologique sont issus des filières services (33%) écotechnologies (9%) et santé (12%), notamment dans l’enseignement, avec l’implantation du Data Science Tech Institute, dans la maîtrise des énergies sur le secteur automobile (FlexFuel) et dans les systèmes informatiques appliqués à la e-santé (Trilogis). Enfin, les talents azuréens restent un facteur majeur d’attractivité du territoire, la R&D représentant plus d’un quart des investissements en 2015 pour 29% des emplois induits. "On reste dans notre zone de confort, bien que la French Tech vienne mettre un niveau de transversalité sur nos secteurs privilégiés. On ne parle plus de thématiques technologiques mais d'usage. Notre territoire est un des leaders de France en matière de numérique. C'est acquis. Le tout aujourd'hui est de le croiser avec les usages", commente Jacques Lesieur.
Pleins feux sur les destinations différenciantes
L'année 2015 aura été marquée par la croissance continue des implantations européennes, notamment italiennes (5 décisions) et un bon équilibre des implantations françaises (11 décisions). De même, les efforts de prospection sur les destinations stratégiques que constituent les Etats-Unis (3 décisions) et la Chine (2 décisions) commencent à payer. "Notre stratégie impulsée par nos mandants (la Métropole NCA, le Conseil Départemental et la CCI, ndlr) vise à couvrir les destinations qui comptent mais aussi celles qui sont différenciantes comme l'Utah", précise Jacques Lesieur.
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Quant à la Chine, "l'implantation de Huawei en 2014 aura été déterminante, explique Jacques Lesieur dont l'équipe travaille désormais sur l'écosystème chinois du géant des télécommunications. Outre son implication dans le programme d'accompagnement des PME françaises Digital In-Pulse, l'agence de développement économique azuréenne participera en 2016 à deux voyages de prospection à Shenzhen, QG de la firme." Huawei, c'est en quelque sorte le premier étage de la fusée. De plus en plus de sujets d'investissements chinois sont à l'étude sur la Côte d'Azur qui devient une zone d'attractivité pour cette partie du monde." L'ouverture prochaine d'une ligne aérienne directe avec la Chine devrait accélérer le mouvement.