C'est au 40 rue Roger Salengro que se dressent les façades du MRS1, le data center racheté en fin d'année dernière par le groupe européen Interxion à SFR. Le site de 14.000 m² a été reconverti en data center par LD Com en 1999, puis a été successivement utilisé par Neuf, Cégetel, puis SFR. « L'opérateur n'en utilisait que 7.000 m², nous avons rénové l'ensemble et ajouté 7.000 m². Nous avons investi 45 M€ dans cette rénovation », commente Fabrice Coquio, fondateur et P-dg d'Interxion. Le groupe, dont le siège est à Amsterdam, revendique une envergure résolument européenne et propose un service de data centers neutres. Il en compte ainsi 39, installés dans onze pays différents. « Nous sommes cinq acteurs en Europe. C'est un métier très capitalistique. Sur l'ensemble de nos sites, nous ne comptons que 400 salariés. En revanche, nous investissons en permanence lourdement dans le matériel et les infrastructures. Nous venons de mettre 135 M€ dans un site à La Courneuve, à Paris et 45 M€ à Marseille », commente Fabrice Coquio. Un mètre carré de data center coûte en moyenne 12 à 14.000 €. « Tout doit être opérationnel 24h/24 et 7j/7. Les équipements sont tous doublés afin de garantir la continuité de service. Nous devons ainsi toujours investir afin de maintenir les équipements en état. D'ici à huit ans, nous aurons environ remis une seconde fois les 45 M€ initiaux ».
Un marché de villes
Interxion est présent dans 13 métropoles (Madrid, Londres, Zurich, Dublin, Paris...). Marseille est la première ville de province dans laquelle s'installe le groupe. « Les opérateurs se positionnent dans des sites où ils vont pouvoir s'interconnecter avec d'autres. Depuis quinze ans, les infrastructures télécom sont basées dans les capitales économiques. Il faut être au coeur des réseaux et, parfois, cela se joue à dix kilomètres près. Marseille est un noeud de communication. Depuis longtemps de grands câbles relient la Cité phocéenne à l'Afrique, à l'Inde et même plus loin encore à l'Asie. De nouveaux câbles vont être posés entre 2015-2016. Ils permettront de transporter davantage de trafics, à de meilleurs débits ». Or, les câbles sous marins coûtent moins cher que des installations terrestres. Marseille se trouve ainsi dans une position idéale, porte d'entrée de ces nouveaux trafics d'information et de communication qui ensuite plongent dans le Rhône pour remonter à moindre coût vers le Nord de l'Europe. « Grâce à ces nouveaux câbles, Marseille va devenir une ville de contenu. Pour réduire les coûts et améliorer l'expérience utilisateur, les opérateurs vont se positionner au plus près de leurs clients. C'est pourquoi ils ne s'installeront ni à Toulouse, ni à Nantes, mais ici. Pour nous, Marseille est en train de devenir un hub mondial », poursuit Fabrice Coquio. Le data center MRS1 est interconnecté à une soixantaine de fournisseurs d'accès. « Nous sommes neutres, au sens où nous n'imposons rien à nos clients. Ils choisissent leurs propres serveurs, leurs propres fournisseurs d'accès. Nous nous focalisons sur l'environnement. Notre job consiste à empêcher une rupture dans le système ». Interxion compte quatre types de clients : les opérateurs téléphoniques, toutes les entreprises dont l'activité tourne autour du langage IP (streaming, gaming, fournisseurs d'accès...), mais également les grands infogéreurs et les acteurs du cloud (Cap Gemini, Amazon, Microsoft...) et plus simplement les grandes entreprises comme Allianz, Total, BNP ou encore Louis Vuitton...
Interxion
(Amsterdam) Fabrice Coquio 400 salariés
01 53 56 36 10 www.interxion.com