En 2009, les exportations françaises ont chuté de 17% pour les biens et de 9% pour les services. Face à cette contraction sans précédent du commerce mondial, une entreprise peut légitimement se demander si cela vaut vraiment la peine de dépenser aujourd'hui du temps et de l'argent pour se déployer à l'international. Reste que, structurellement, l'export offre une formidable opportunité pour trouver de nouveaux relais de croissance et diviser ses risques. Et que, malgré les mauvais résultats du commerce mondial en 2009, les portes de l'étranger sont loin d'être complètement fermées. D'abord, les dernières statistiques fournies par les services de l'État montrent une croissance de 8% des exportations françaises au premier trimestre par rapport aux trois premiers mois de 2009, revigorées par les reprises des économies asiatiques et américaines. L'évolution est particulièrement favorable pour l'agroalimentaire, l'aéronautique, l'automobile, le matériel électrique et les biens intermédiaires.
Reprise asiatique et américaine
Ensuite, alors que le gouvernement vise cette année sur 1,4% de croissance du PIB, il n'est pas inutile de s'intéresser aux autres marchés. La Coface table en effet sur 3% de croissance mondiale, le produit intérieur brut des pays émergents (+5,7%) devant évoluer à un rythme beaucoup plus soutenu que celui des pays industrialisés (+1,6%). D'autre part, comme en France, beaucoup de gouvernements étrangers y vont de leurs plans de relance, sur lesquels les entreprises françaises peuvent s'appuyer pour se développer. L'instauration de primes à la casse au cours du premier semestre 2009 en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni ou en Espagne a ainsi apporté un sérieux coup de fouet à l'industrie automobile française.
Chouette! L'euro baisse!
Enfin, la baisse de l'euro constitue une excellente nouvelle pour tous les exportateurs français. Au plus haut depuis quatre ans, l'euro a chuté de près de 20% par rapport au dollar, du fait de la défiance des marchés à l'égard de l'économie européenne. Conséquence, un produit valant 100euros était vendu 151dollars en décembre hors de la zone euro et 122dollars en mai. De quoi relever la compétitivité prix de toutes les marchandises qui ne sont pas destinées à l'Union européenne (soit 40% du total des exportations françaises). Les premiers effets de l'euro «faible», couplé aux rebonds américain (entre 3,2 et 3,7% de croissance espérés en 2010) et chinois ne se sont pas laissé attendre. Au premier trimestre, les exportations vers l'Asie ont bondi de 16% par rapport aux trois derniers mois de 2009, celles vers l'Amérique ayant progressé de 11%. Pour profiter de cette opportunité, les entreprises françaises peuvent bénéficier du soutien des pouvoirs publics. Après la refonte en 2008 du mode opératoire d'Ubifrance, l'agence étatique spécialisée dans l'accompagnement à l'international, le gouvernement a mis en place différentes mesures pour faire face à la crise: renforcement des aides pour les PME, garantie publique de l'assurance-crédit, etc.
L'euro qui baisse et des perspectives de croissance bien supérieures en Chine, et dans une moindre mesure, aux États-Unis que dans l'Hexagone. Voilà deux bonnes raisons pour les PME de se déployer en dehors des frontières françaises. D'autant que l'arsenal d'aides publiques déployé par l'État et les conseils régionaux est très incitatif. Reste à bien verrouiller sa démarche, car, encore plus qu'ailleurs, l'international, cela ne s'improvise pas.
Dossier réalisé par Stéphane Vandangeon