International : Comment bien gérer le risque de change ?

International : Comment bien gérer le risque de change ?

Quand on fait du business à l'international, on s'expose au risque de change. Un risque souvent sous-estimé par les entreprises, et notamment les PME, qui peuvent rapidement se retrouver à vendre à perte ou acheter au prix fort. Dossier réalisé par Gilles Cayuela

Exporter, importer, investir... Quand on intervient sur les marchés internationaux, les règlements se font généralement en devise locale ou en dollar. Une réalité qui expose inévitablement nos PME au « risque de change ». En effet, entre le délai plus ou moins long qu'il peut exister entre la date de négociation, le prix convenu et son règlement, le cours de conversion de ces devises peut fluctuer et compromettre la rentabilité de la transaction.




Pas une priorité

Malheureusement, ce risque n'est clairement pas bien appréhendé par les entreprises. Selon l'étude Global Foreign Exchange Survey 2016, 56% des 133 des entreprises interrogées déclarent manquer de visibilité sur leur exposition au risque de change et manquer de confiance à l'égard des prévisions. L'étude révèle que 37 % des comités de direction manquent d'informations et ont donc des marges d'action et de décision limitées. Chez les PME françaises, le constat est encore plus alarmant. « Ce n'est clairement pas le premier sujet abordé. Les entreprises et notamment les primo exportateurs se préoccupent d'abord de savoir comment ils vont vendre leurs produits, par quels biais. Ils s'intéressent ensuite à la sécurisation du moyen de paiement. Le risque de change n'arrive qu'en troisième position », assure Nathalie Carret, responsable de l'unité affaires internationales grande clientèle et international au sein du Crédit Agricole Loire-Haute-Loire. « De plus en plus de PME vont à l'international, mais il y en a très peu qui se préoccupent du risque de change jusqu'au jour où elles prennent un gros bouillon », abonde Philippe Gelis, CEO de Kantox, une fintech qui propose aux entreprises des solutions logicielles pour optimiser leur gestion du risque de change. Érosion des marges, marges négatives, obligations de réimprimer un catalogue de prix pour ne pas vendre à perte... L'impact d'une perte de change est souvent sous estimé. « C'est un sujet à traiter en amont par la société, mieux vaut éviter de l'aborder tardivement quand l'entreprise fait face par exemple à une perte de change », souligne Arnaud Roche, responsable Salles des marchés au Crédit Agricole.




Attention à ne pas être trop gourmand !

Pourtant, il existe des solutions pour gérer au mieux ce risque de change et le neutraliser. De la couverture naturelle aux instruments de couverture proposés par les banques en passant par le choix de la monnaie de facturation, les clauses d'indexation dans les contrats ou encore l'assurance de la Coface... Le risque de change n'est pas une fatalité pour l'entreprise. Dans certains cas, la volatilité des marchés de devise peut même offrir des opportunités. Attention toutefois à ne pas tomber dans l'excès inverse en cherchant à tout prix à faire des gains de change. Comme le rappelle le directeur financier de Bonduelle, Grégory Sanson : « A être trop gourmand, on finit par être perdant. »