Intermarché : L'agroalimentaire breton matière première du biodiesel normand
# Industrie # Investissement

Intermarché : L'agroalimentaire breton matière première du biodiesel normand

Energie Au Havre, Intermarché va inaugurer le 7 novembre une unité de biodiesel inédite. Adhérent à Saint-Malo, Jean-Pierre Guillaume pilote ce projet avec ferveur.

Des convictions, il en faut pour piloter un tel projet. Jean-Pierre Guillaume n'en manque pas. Adhérent Intermarché depuis 1990 et dirigeant de deux enseignes à Saint-Malo, il consacre un tiers de son temps de travail à un projet d'envergure au titre de sa responsabilité à la SCA Pétrole et Dérivés, qui alimente toutes les pompes du groupement des Mousquetaires (Intermarché, Netto et Roady) en France et à l'étranger, soit quelque six millions de mètres cubes par an.Le Malouin est le responsable de toute la filière achat de carburants en France et au Portugal et bientôt en Pologne (2014) avec 80 points de vente en vue. Intermarché a décidé de construire sa propre unité de production de biocarburants, la première de biodiesel en France fonctionnant à partir de graisses animales. Sur la zone industrielle portuaire du Havre, cette usine inédite va être inaugurée en novembre. Dans un premier temps, 75.000 tonnes de biodiesel seront produites ici par an, à partir de graisses animales, non utilisables dans l'alimentation dites EMHA (esters méthyliques d'huiles animales), et d'huiles de fritures usagées, en provenance des grandes surfaces, des points de restauration, mais aussi du pôle agroalimentaire breton des Mousquetaires : 6.000 emplois à l'Ouest (Jean-Rozé, Monique-Ranou...). Un investissement de 42 M€ auquel est aussi associé à 36 % à Saria Industries (groupe allemand Rethmann), leader en France de la collecte et de la transformation des coproduits des professionnels de la chaîne agroalimentaire.




« Une productionqui a du sens »

Pour Jean-Pierre Guillaume, il s'agit d'un choix délibéré, certes nourri par une obligation légale d'incorporer au moins 7 % de biocarburants à la pompe, mais nourri aussi par des convictions et une stratégie d'indépendance : « Nous avons commencé à 0,75 %. Nous sommes à 7 % depuis deux ans en biocarburants de première génération, explique-t-il. Il faut garder une part de ces biocarburants de première génération, mais si nous voulons parvenir à un objectif de 10 %, il faut développer des biocarburants de deuxième génération, issus du retraitement de déchets. C'est pourquoi nous avons mené la démarche de construire cette usine et nous allons assurer la commercialisation de l'intégralité de la production. Nous avons besoin de produits et nous n'avons pas la prétention d'en produire 100 %, mais nous voulons un accès à la matière première. C'est une production qui va représenter à peine un tiers de nos besoins, mais qui a du sens ! »



G.B. (Rédaction de Rennes)

# Industrie # Investissement