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Intelligence artificielle : plus de 100 milliards d’euros d’investissements annoncés en France
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Intelligence artificielle : plus de 100 milliards d’euros d’investissements annoncés en France

109 milliards d’euros d’investissements privés, français et étrangers dans le domaine de l’intelligence artificielle seront annoncés lors du Sommet pour l’action sur l’IA. Une déclaration faite par le président de la République, en amont de l’événement international qui s’ouvre à Paris.

Photo : Image générée par l'IA - Microsoft Designer optimisé par Dall-E 3

"C’est l’équivalent du projet [américain] Stargate pour la France". Interviewé le 9 février sur France 2, Emmanuel Macron a annoncé un total de "109 milliards d’euros d’investissements privés, français et étrangers" dans l’intelligence artificielle, au cours des prochaines années dans l’Hexagone.

Pour rappel, via le programme baptisé "Stargate", le président américain Donald Trump prévoit de son côté de débloquer 500 milliards de dollars d’investissements pour financer l’essor de l’IA outre-Atlantique.

L’annonce du président de la République française intervient en amont du "Sommet pour l’action sur l’IA", organisé à Paris, les 10 et 11 février.

Cette rencontre internationale "rassemblera près d’une centaine de pays et plus d’un millier d’acteurs du secteur privé et de la société civile venus de tous les continents", communique l’Élysée. Organisé lors des précédentes éditions au Royaume-Uni et en Corée du Sud, ce sommet sera coprésidé par la France, pays hôte, mais également par l’Inde cette année.

Des fonds français, américains, canadiens et du Moyen-Orient

Sans détailler les investissements inclus dans cette enveloppe de plus de 100 milliards d’euros qui seront dévoilés lors du sommet, Emmanuel Macron a toutefois évoqué l’arrivée en France d’un projet de "super data center" porté par les Émirats arabes unis, ainsi que des projets de "fonds américains, canadiens" mais aussi "d’entreprises françaises".

Brookfield veut investir 20 milliards d’euros

Parmi les projets, celui de Brookfield. Ce fonds canadien annonce un investissement de 20 milliards d’euros en France d’ici à 2030. Cette enveloppe comprend "jusqu’à 15 milliards d’euros d’investissement dans les centres de données", portés par l’une des participations de Brookfield depuis 2023, la société Data4. Cette entreprise, dont le siège social est situé à Paris "a des projets existants pour construire plus de 500 MW de capacité de centres de données répartis dans plusieurs régions de France, avec l’ambition de tripler ce chiffre d’ici 2030". L’un des projets de datacenter est basé à Cambrai, dans le Nord. Brookfield compte aussi injecter 5 milliards d’euros en France dans des infrastructures d’IA associées telles que le transfert de données, le stockage sur puce et la production d’énergie.

Mistral AI va créer un datacenter en Essonne

Un autre projet est porté par le champion tricolore de l'IA, la start-up parisienne Mistral AI, qui prévoit d'investir "plusieurs milliards d'euros" dans un datacenter situé dans l'Essonne.

Les patrons d’Open AI et Mistral AI reçus à Paris

Outre de nombreux chefs d’États, dont le premier ministre indien Narendra Modi, des chefs d’entreprises emblématiques sont également attendus, comme le fondateur de la licorne française Mistral AI, Arthur Mensch, ou le dirigeant d’OpenAI, Sam Altman, rapporte le journal Le Monde.

"L’Europe et la France vont accélérer"

Face aux mastodontes de l’IA que sont les États-Unis et la Chine, la France et l’Europe "vont accélérer" assure Emmanuel Macron. Citant au passage certains avantages de l’Hexagone. "La France produit une électricité parmi les plus décarbonées au monde", avec "le réseau le plus sûr et le plus stable", a-t-il déclaré. À la différence des États-Unis par exemple, "où les data centers tournent beaucoup avec de [l’énergie issue] du pétrole et du gaz".

En soulignant aussi le surplus de production français, permettant selon lui d’alimenter l’IA et les data centers sur lesquels elle repose. "On ne le fera pas aux dépens de nos industriels et de nos ménages, car nos sommes exportateurs d’électricité […] La France a exporté 90 TWh l’an dernier ", argumente le président de la République.

Via le plan France 2030, l’État français entend se renforcer dans la chaîne de valeur de l’IA. En renforçant donc les infrastructures de calcul, notamment. "Nous sommes en retard sur les data centers, c’est-à-dire en termes de puissance de calcul", a affirmé le chef de l’État.

35 sites identifiés pour accueillir des data centers

Face à ce constat, 35 sites adaptés aux projets de centres de données ont été identifiés en France métropolitaine : avec des surfaces allant 18 à 150 hectares et une possibilité de raccordement "au réseau pour une capacité électrique élevée dans un délai raisonnable (à partir de 2027)".

France 2030 vise en outre à se renforcer en formant et en attirant les talents de l’IA, en accélérant les usages ou encore en bâtissant une "l’IA de confiance".

Un objectif de 100 000 personnes formées à l’IA par an

Côté formation, chaque année, plus de 40 000 étudiants et professionnels sont formées à l’IA, chiffre le gouvernement, "avec un objectif de 100 000 formés par an" d’ici 2030, via les pôles de formation des "IA clusters".

En France, le secteur de l’IA est en pleine ébullition. Selon France Digitale, l’Hexagone compte 751 start-up spécialisées dans l’IA. C’est 27 % de plus qu’il y a deux ans. Ces start-up projettent de créer 3 500 emplois cette année.

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