Mercredi 4 mars. L'État, le Medef, le CNEI (comité national des entreprises d'insertion) et le CNCE-Geiq (comité national de coordination et d'évaluation des groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification) signent un accord pour soutenir l'accès à l'emploi des personnes en insertion. L'État s'engage notamment à créer, en 2009, 1.500 postes d'insertion supplémentaires pour les entreprises d'insertion (EI) et les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI) ainsi qu'à mener une réflexion sur la réforme des modalités de financement de ces structures. Une lueur d'espoir pour l'Union régionale des entreprises d'insertion de Midi-Pyrénéesqui ne cesse de demander une revalorisation de la rémunération de l'accompagnement socioprofessionnel par l'État: «Depuis 2001, les EI touchent la même somme alors que le Smic a augmenté de 37% sur la même période», souligne le délégué régional, Éric Thoumelou. Mais d'autres ne l'entendent pas de cette oreille, voyant dans ces conventions entre l'État et ces entreprises une forme de concurrence déloyale. Qu'en est-il vraiment?
Le surcoût de l'encadrement
Le principal défi des EI est de conjuguer insertion et activité économique. Toutes ont pour point commun d'employer du personnel éloigné de l'emploi, voire de la société, et de faire du travail le vecteur de leur intégration. Souvent peu ou pas qualifié, ce personnel nécessite un encadrement technique plus important que dans une entreprise traditionnelle, mais surtout un accompagnement social au cas par cas, dont le surcoût justifie une aide financière que l'État évalue à 9.681€ par poste équivalent temps plein. Précisons enfin que les entreprises d'insertion sont soumises au même régime fiscal que toute entreprise commerciale. Difficile alors d'assimiler ces structures à de l'assistanat.
Avec 46 entreprises d'insertion qui ont généré 20,85M€ de chiffre d'affaires en 2008 (chiffres de la DRTEFP), Midi-Pyrénées fait figure d'élève moyen sur le plan national. Bien que difficile à quantifier, le besoin semble dépasser largement les 770 postes en insertion aujourd'hui pourvus en région. Tour d'horizon de ces entreprises qui conjuguent insertion et activité économique.
Dossier réalisé par Aline Gandy et Marie Lepesant