Jamais on n'aura autant parlé de la maladie du court-noué et de «démocratie scientifique» qu'en cette fin d'été. En arrachant les 70 pieds de vignes génétiquement modifiés de l'Inra de Colmar le 15 août, les faucheurs volontaires ont détruit le fruit de huit années de travail de recherche, mais ils ont mis en lumière ce que Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, ont qualifié de «démarche de recherche exemplaire». En fait un projet suivi par un comité local unique en son genre mêlant chercheurs, vignerons conventionnels ou bio hostiles aux OGM, professionnels du vin et même un membre de la confédération paysanne, sous la houlette de Jean Masson, président de l'Inra de Colmar et d'Olivier Lemaire, responsable scientifique. Personne n'y a vendu son âme, le but unique étant d'être transparent et constructif, sans prosélytisme aucun. «Vous avez fait du Grenelle de l'environnement avant le Grenelle!», s'est exclamée Valérie Pécresse, «je souhaite que ce protocole de construction de programme de recherche fasse école».
Aide publique
Présidente de l'Inra, Marion Guillou, a rappelé que ces recherches avaient pour objectif «d'apporter les données objectives que seule la recherche publique peut apporter», se démarquant de la recherche privée. À ceux qui expliquent que le court-noué n'est pas prioritaire, les responsables ont rappelé que cette maladie virale pouvait réduire de 80% la quantité de grains présents sur un pied de vigne et affecterait 60% du vignoble français. Si Valérie Pécresse et Bruno Le Maire ont promis l'aide publique pour relancer ce programme de recherche, Jean Masson a fait part de sa volonté de «prendre du temps». «Nous sommes retournés», explique le scientifique dont l'outil de travail a été saccagé, «il nous faut retrouver l'envie. Et l'espoir».
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Avec le soutien du gouvernement, l'Inra relancera les recherches sur les vignes OGM à Colmar.