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Initial Expertise est passé à la semaine de 4 jours sans réduction du temps de travail
Témoignage Marne # Conseil de gestion # Qualité de vie au travail

Initial Expertise est passé à la semaine de 4 jours sans réduction du temps de travail

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Dirigeant d’Initial Expertise, une start-up basée à Reims et opérant dans l’accompagnement en transition énergétique et en décarbonation, Stéphane Flandre a décidé de mettre en place la semaine de quatre jours et demi et de quatre jours. Un aménagement du temps de travail qui s’accompagne d’un suivi précis de la performance globale.

"La flexibilité au travail est clairement un facteur d’attractivité", assure Stéphane Flandre, le dirigeant d’Initial Expertise — Photo : Expertise initiale

La décision a été prise démocratiquement : en 2021, le pôle Conseil énergie d’Initial Expertise vote à la majorité pour la semaine de 4 jours et demi. À l’époque, la start-up d’accompagnement en transition énergétique et décarbonation enregistre trois ans d’existence et Stéphane Flandre, son fondateur, expérimente depuis un an le télétravail, en raison du Covid. Suite à la demande d’une salariée, la mise en place de la flexibilité au travail s’accélère. Un an plus tard, à la création du pôle Travaux, Stéphane Flandre, soucieux d’un "équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle", décide d’emblée d’inscrire la semaine de quatre jours dans le planning des dix collaborateurs du service.

Trois dispositifs d’aménagement du temps de travail

Concrètement, les 22 salariés de la société rémoise répartissent leurs 35 heures selon trois dispositifs d’aménagement du temps de travail : la semaine de cinq jours, celle de quatre jours et demi, réservée au pôle Conseil avec le choix de libérer le mercredi ou le vendredi après-midi, et la semaine de quatre jours dédiée au pôle Travaux, avec un début de week-end le jeudi à 16h30. "Je demande à l’équipe de nous rejoindre toutes les deux semaines au bureau le jeudi à 15h30 pour évoquer les actualités de l’entreprise", précise Stéphane Flandre.

Le temps de travail a été aménagé, mais pas réduit, obligeant les salariés à commencer plus tôt. Jusqu’ici, pas de retour négatif. Au contraire. "C’est plus simple pour mon organisation familiale", témoigne Gladys Singoth, une salariée. "Je m’occupe de mes trois enfants le mercredi après-midi. C’est une vraie coupure dans la semaine. J’ai l’impression que c’est moins fatigant et je me trouve plus efficace." Ses collègues sans enfant choisissent plutôt le vendredi après-midi pour pratiquer un sport, prendre du temps pour eux.

Les clients se sont habitués à l’idée qu’aucun collaborateur du pôle Travaux d’Initial Expertise ne travaille le vendredi. "Sauf urgence", précise Arnaud Deglaire, directeur de la communication et de la formation. "La nécessité d’intervenir, ce qui est peu arrivé jusqu’ici, vient même directement des salariés."

Les négociations avec les salariés ont porté notamment sur le décompte des jours de congés — Photo : Expertise initiale

50 %

Société à mission depuis un an, Initial Expertise a confirmé dans ses statuts sa raison d’être, orientée vers la décarbonation des usages, pour participer à une société plus durable. Dans ce contexte, en matière de recrutement, "la flexibilité au travail est clairement un facteur d’attractivité", assure Stéphane Flandre, qui envisage de monter à une quarantaine de salariés d’ici 2026. Une étude du Crédoc (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) publiée en avril 2024 confirme que la moitié des actifs français se disent séduits par la perspective de la semaine de 4 jours sans réduction du temps de travail. Un quart juge que cette organisation du travail aurait peu de conséquences pour eux, le dernier quart en serait moins satisfait.

Un accompagnement externe

Stéphane Flandre conseille aux chefs d’entreprise : "Faites-vous accompagner". "Nous avons fait appel à une spécialiste indépendante des ressources humaines", raconte le dirigeant. "Le sujet n’était pas unanime, mais intéressait la majorité des collaborateurs. La spécialiste a écrit une note sur laquelle nous avons pu nous appuyer." Stéphane Flandre évoque des sujets de débat auxquels il ne s’attendait pas, par exemple, le décompte des jours de congés. Le volume horaire restant le même, pas de raison de changer le calcul de 2,5 jours ouvrables de congés acquis par mois travaillé. "Nous n’étions pas toujours d’accord avec les salariés. Faire intervenir quelqu’un d’extérieur permet d’arbitrer."

Déployer le mécénat de compétences

Le dirigeant émet quelques points de vigilance sur la manière de piloter et de manager. Pour les chefs de service, plutôt en semaine de cinq jours, la souplesse horaire représente un paramètre à intégrer. L’indicateur de productivité observé a changé. "Nous avons senti une petite baisse de productivité en 2023. Était-elle réellement liée à l’aménagement horaire ? Je ne sais pas. Mais nous avons opéré un suivi important sur la performance globale, en regardant le respect des échéances plutôt que le présentéisme." D’autres sujets de vigilance relèvent de l’usage du temps libéré et du matériel de l’entreprise dont bénéficient les salariés. "Il faut rester lucide sur certains sujets", estime le dirigeant d’Initial Expertise.

Mais après trois et deux ans d’expérimentation des deux aménagements horaire, Stéphane Flandre estime le système vertueux : "Il génère de la confiance mutuelle dès lors qu’il y a de l’écoute et du dialogue". Il compte bien aller plus loin en s’engageant plus encore dans le mécénat de compétences, en offrant "deux jours par an sur le temps de travail des salariés pour leur permettre de s’investir dans une association". Initial Expertise utilise ainsi le mécénat de compétences pour aider un hôpital du Nigeria à aménager son alimentation électrique avec l’ONG Électriciens sans frontières.

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