Infrastructures : Le monde économique se mobilise

Infrastructures : Le monde économique se mobilise

Cela ne peut plus durer, il y a urgence à désengorger Bordeaux et à sortir de l'immobilisme. C'est le message que l'ensemble du monde économique bordelais a fait passer aux élus locaux et à l'État lors d'une conférence de presse, leur demandant de prendre leurs responsabilités.

Huit mois après la décision de Jean-Louis Borloo d'abandonner le projet de grand contournement autoroutier de Bordeaux et alors qu'État et collectivités locales ne parviennent pas à s'entendre sur le financement de la mise à 2x3 voies de la rocade, l'ensemble du monde économique bordelais (Medef, CGPME, chambres consulaires, UIMM, FFB...) a décidé de se mobiliser pour dénoncer cet immobilisme. Tous demandent aux politiques et aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités afin de trouver un consensus sur le financement de l'élargissement de la rocade et de reconsidérer leur position sur le dossier du grand contournement.




Résoudre le problème de l'accessibilité

«On ne peut pas prétendre s'intéresser au développement économique de notre territoire et avoir des ambitions européennes et ne pas traiter le problème de l'accessibilité routière de Bordeaux», explique Pierre Goguet. Le président du Medef Gironde rappelle que les embouteillages sur la rocade (5h15 actuellement, 6h45 à l'horizon 2.020) ont un coût économique non négligeable pour de nombreuses entreprises. «Nous estimons à 20M€ le coût annuel des heures perdues par nos entreprises dans les bouchons», précise Jean Soulé-Dupuy le président de la FFB Gironde. «Le coût écologique est également important, ajoute Laurent Courbu, le président de la CCI de Bordeaux. Actuellement, les véhicules bloqués sur la rocade rejettent 46.000t de CO2 par jour. À l'horizon 2020, ce sera 110.000t avec l'accroissement du trafic qui est inévitable, +22.000 véhicules/jour d'ici à 10 ans.» Bien sûr, l'ensemble du monde économique est favorable aux solutions alternatives proposées: fret ferroviaire et transport maritime mais il estime que ces alternatives ne solutionneront pas le problème. «On sait que le ferroviaire n'absorbera que 10% du flux Nord Sud, précise Laurent Courbu. C'est une solution mais pas la solution», ajoutant: «et il faudrait que quelqu'un nous dise qui financera ce contournement ferroviaire, quand et selon quel tracé?»




Relancer le dossier du grand contournement

Tous demandent donc aux élus locaux et à l'État de prendre leurs responsabilités sur ces deux dossiers que sont: la rocade et la reprise du dossier du grand contournement. «Celui qui prendra la responsabilité d'être le leader pour porter un tel projet fera la démonstration de sa réelle dimension politique, déclare Pierre Goguet. Il est urgent de ne plus attendre, la non-décision n'est pas un bon mode de gestion.» «S'il n'y a pas de front uni de tous les politiques régionaux, on n'y arrivera pas. Il faut du courage et une vision du territoire», a conclu Laurent Courbu.