« Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas vu de tels chiffres ! » s’enthousiasme Jean-Claude Bach, directeur régional de la Banque de France. Lors de l’étude annuelle de conjoncture présentée le 11 février, celui-ci a fait part de son optimisme. Tous les indicateurs qui concernent l’industrie sont dans le vert : +3% pour le chiffre d’affaires, +4,7% pour les exportations, +0,3% pour l’emploi et même +23,3% pour les investissements. « Même si ces chiffres ne sont qu’une projection des chefs d’entreprise, ils dessinent une tendance très favorable, déclare Yannick Portejoie, directeur des affaires régionales à la Banque de France. Il est intéressant de noter que cette dynamique est portée tout autant par les ETI que par les PME de 1 à 49 salariés ».
Situation contrastée pour le BTP
Pour 2016, les industriels, en grande majorité, orientent leurs investissements vers une modernisation ou le renouvellement courant de leurs moyens de production. Un quart d’entre eux prévoit une augmentation des capacités. Les filières qui devraient le plus profiter de ce rebond de l’investissement sont l’agroalimentaire, la filière bois et les matériels de transport.
La situation est plus contrastée pour la filière construction, avec +,6% de chiffre d’affaires attendu en 2016. Selon les chefs d’entreprise, les carnets seront orientés positivement en particulier dans le gros œuvre (+4,5%), après une année 2015 très difficile (-6,8%). « Le secteur de la construction a sans doute touché le fond de la piscine en 2015 même si les travaux publics ne sont pas tirés d’affaires », explique Yannick Portejoie (croissance nulle en 2016). La réduction des effectifs devrait toucher tous les secteurs du BTP (-1,8%) avec un impact important sur le recours à l’intérim (-10,8%).
Vision de l’avenir
Le secteur des services marchands devrait voir son chiffre d’affaires progresser de 2,6%, particulièrement grâce à la forte activité des secteurs informatiques (+7,4%) et intérim (+5,8%). Une croissance de 1,2% de l’effectif est attendue.
Enfin, le commerce de gros, sur le seul périmètre de l’Aquitaine, devrait voir son chiffre d’affaires augmenté de 1,3%, ses effectifs de 0,5% et ses investissements de 13,6%
« On ne peut pas parler d’euphorie ni d’un contexte de croissance débridée mais il y a une prise de conscience qu’il faut repartir, estime Jean-Claude Bach. La plupart des entreprises se projettent à nouveau dans l’avenir ».
Selon une étude de la Banque de France, les investissements industriels devraient progresser de 23% cette année en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes.