En première ligne en cas de crise, l'industrie subit de plein fouet les effets du ralentissement économique. Dès le premier semestre, près de 30% des chefs d'entreprise lorrains de l'industrie des biens d'équipement et des biens intermédiaires prévoyaient une diminution de leur effectif (baromètre de la conjoncture de l'Odel). L'industrie automobile est particulièrement touchée. La direction de l'usine Sovab de Batilly, filiale de Renault, a annoncé des jours non travaillés supplémentaires, les 5 et 8décembre et du 5 au 9janvier. Portant le total à 24journées depuis septembre. Les équipementiers, évidemment, doivent faire face à cette baisse de la production liée à l'érosion des ventes automobiles. La plasturgie, souvent liée à l'industrie automobile, est contrainte de tourner au ralenti. «Les entreprises se portent mal. Certaines ont eu une chute de leur CA de 50 à 70%. Et nombreuses sont déjà en redressement judiciaire, constate Hervé Boulanger, représentant de la branche plasturgie de l'Union des industries chimiques. En août, on a connu des reports de livraisons puis des annulations. Pour occuper les équipes, tout le monde a essayé de mettre en place les CHSCT et des formations pour élever les compétences techniques. Mais après le 15décembre on ne sait pas où on va.»
Difficultés depuis l'été
Dans le domaine de la chimie, «les secteurs qui fonctionnent sont liés à l'agriculture, la protection des plantes et les produits agricoles, explique Serge Brun, président de l'Union des industries chimiques. Ils bénéficient de la forte demande mondiale.» Mais dans l'ensemble, les activités de Chimie et plasturgie sont touchées au premier chef. En amont des produits finis, elles ressentent la crise depuis le mois de septembre. «En chimie minérale, les industriels ont une visibilité sur leurs carnets de commande jusqu'à la fin du premier semestre 2009, souligne le Lorrain. Il y a une grande incertitude au-delà.» En ce qui concerne la chimie organique, la pétrochimie, la chute générale des marchés mondiaux concerne aussi les acteurs lorrains. Les plastiques produits sont utilisés pour la réalisation de matériaux pour la construction, secteur qui ne se porte pas bien, et l'équipement de la maison. De grands acteurs du secteur ont fait des choix radicaux. À Carling, Total petrochemicals a arrêté l'un de ses vapocraqueurs qui doit être stoppé définitivement mi 2009. Et le site Inéos de Sarralbe sera arrêté du 15décembre au 4janvier. «Nous avions une prévision de croissance de 2,7% cette année, il faudra la revoir à la baisse», constate Serge Brun.