"On commence à être inquiet". Directeur général de Polyvia, principal syndicat professionnel de la filière plasturgie, Xavier Chastel constate que la situation des entreprises de la plasturgie se dégrade en France.
Une année 2024 pourtant bien orientée
En 2024, l’année a pourtant été "correcte" pour les 3 000 industriels du secteur, assure Xavier Chastel. Certes, certains marchés comme l’automobile et le bâtiment, battent de l’aile. Mais les baisses ont plutôt été compensées par l’activité dans les autres secteurs, comme l’aéronautique ou la Défense, particulièrement bien orientés.
"L’une des particularités des plasturgistes, c’est qu’ils sont souvent positionnés sur plusieurs secteurs d’activité. Ils ont ainsi une capacité à arbitrer en fonction de la conjoncture économique et de l’évolution réglementaire pour s’en sortir plus ou moins convenablement", explique le DG de l’organisation professionnelle présidée depuis un an par le normand Pierre-Jean Leduc, dirigeant de Demgy Group.
Les usines tournent au ralenti
Sauf que le directeur général de Polyvia constate une baisse quasi générale de l’activité depuis octobre dernier. Le deuxième semestre n’a pas été bon. 48 % des plasturgistes interrogés par Polyvia font ainsi face à une chute de l’activité. Seuls 15 % d’entre eux constatent une hausse.
Conséquence de prises de commandes qui se dégradent (pour 53 % des plasturgistes) ou se maintiennent (pour 37 % d’entre eux), les usines tournent au ralenti. "Le taux d’occupation des capacités de production dans la plasturgie est passé de 72 % en novembre 2023 à 65 % en novembre 2024", indique Xavier Chastel. Toutes industries confondues, le taux moyen d’utilisation des capacités de production est de 77 % en France ces 15 dernières années, selon la Banque de France.
Inquiétudes pour l’emballage
"Les industriels sont dans le brouillard complet, souffle Xavier Chastel. Des secteurs qui se portaient très bien commencent à ralentir, comme l’emballage industriel ou l’emballage cosmétique. Ce sont des éléments d’inquiétudes". D’autant que l’emballage est un secteur clé pour la plasturgie. Il représente 42 % des 39 milliards d’euros de chiffre d’affaires de la plasturgie française en 2023.
Les entreprises résistent
Ces craintes ne se traduisent pas pour l’instant par des procédures collectives et de la casse sociale. "On a assez peu de défaillances ou de plans de licenciements collectifs. Le seul groupe qui a annoncé une diminution significative de ses effectifs est Herige", constate Xavier Chastel. Les marges des entreprises de la plasturgie restent globalement stables. Les trésoreries demeurent excédentaires (43 % des entreprises) ou à l’équilibre (42 %).