Une inauguration « après-coup ». Dix-huit mois après avoir pris possession de leur nouveau bâtiment dans le quartier des biotechs de Gerland, à Lyon, les 125 collaborateurs de Bioaster ont reçu le 2 février la visite très médiatique de deux membres du gouvernement : la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem, qui, à trois mois de la fin de sa mission au gouvernement, est venue en probable candidate à la députation à Villeurbanne, et de "son" secrétaire d'Etat Thierry Mandon. Soit deux ministres sous un même toit lyonnais pour l’inauguration « officielle » du siège de cet Institut de recherche et de technologie (IRT) dédié à la microbiologie. Grand absent sur la photo : Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui n’a finalement pas fait le déplacement en ces temps agités au sein de sa famille politique.
Une quarantaine de PME impliquée dans l'IRT
Le nouveau bâtiment de l'IRT, à 13 millions d’euros, achevé fin 2015, a pourtant été financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 5 millions d’euros et par la Métropole de Lyon (5 millions d’euros également). « Un montage complété par une donation de Sanofi et par un petit emprunt bancaire », précise Philippe Archinard, président de Bioaster depuis 2014, à la suite d’Alain Mérieux. Bioaster – qui dispose également de locaux à l’Institut Pasteur à Paris – est le seul IRT français (huit au total) dédié à la santé. « Notre champ d’action vise en particulier l’infectiologie, la microbiologie et le microbiote », explique Philippe Archinard, par ailleurs P-dg de Transgene, rattaché à l’Institut Mérieux et président du pôle de compétitivité Lyonbiopôle. Ses principaux fondateurs – l’Institut Mérieux, Sanofi Pasteur et Danone Recherche – accompagnés d’une quarantaine de PME du secteur se sont unis dans cette structure pour « chercher groupé », insiste Philippe Archinard. « C’est un modèle de coopération/compétition. Les enjeux technologiques dans la santé sont tels que tous les acteurs – même s’ils sont en concurrence - se rassemblent pour mutualiser leur force. C’est précisément ce qui se passe avec Bioaster », complète son président.
Depuis sa création en 2012, Bioaster qui est doté d’un budget de 180 millions d’euros sur sept ans a lancé une quarantaine de projets, dont près de 20 ont été réalisés avec des partenaires internationaux, extérieurs à la structure.