«Ce qui nous manque pour franchir un cap et passer du statut de start-up à celui d'entreprise traditionnelle, c'est une assise financière», lance Hervé Soder, cofondateur avec Éric Audouard d'Impulsion. Ce constat, le dirigeant de la start-up stéphanoise - créée en 2003 à partir de la technologie de la plateforme "laser femtoseconde" du Pôle Optique Rhône-Alpes - l'a dressé depuis plusieurs années, sans avoir pour autant réussi à y remédier.
Pas assez rentable pour HEF?
Le projet d'ouverture de capital lancé il y a près d'un an et demi et les discussions entamées avec le groupe HEF en vue d'un rapprochement capitalistique n'ont pour l'instant rien donné. «Pour être tout à fait franc, HEF ne nous a pas dit non, mais ils ne nous ont pas dit oui non plus. Nous avons de très bonnes relations avec eux, mais intégrer une société comme Impulsion ne fait pas vraiment partie de leur stratégie», explique Hervé Soder. Et de poursuivre: «Impulsion est une petite entreprise qui ne dégage pas de bénéfices suffis
ants pour intéresser un groupe comme HEF. Notre technologie et notre savoir-faire les intéressent, mais pour l'instant en tant que simple prestataire».Plutôt que d'attendre un hypothétique revirement de situation, le chef d'entreprise tente aujourd'hui de développer son business pour acquérir cette assise financière tant convoitée.
Un premier marché récurrent avec Sagem
«Notre objectif numéro un, c'est de trouver des marchés récurrents. Depuis la création d'Impulsion, c'est ce que j'essaie de faire, mais ce n'est pas évident car nous sommes sur des technologies de rupture qui nécessitent de longues phases de validation et qui en terme de marché prennent du temps à démarrer», argumente Hervé Soder.Après trois années de travail en étroite collaboration avec Sagem, Impulsion devrait enfin obtenir ce premier marché récurrent. «C'est en bonne voie. Le processus technologique est validé, on va pouvoir lancer en production des composants dédiés à l'aviation», confie sans plus de détails le dirigeant.Et d'ajouter: «Nous avons aussi d'autres pistes notamment dans le domaine médical, mais c'est encore un peu tôt pour en parler». En obtenant des marchés récurrents, Impulsion espère augmenter son chiffre d'affaire de manière significative, dégager des bénéfices substantiels et se rendre ainsi plus attractif pour d'éventuels investisseurs.
Un fonds d'investissement sur les rangs
«Nous sommes en contact avec un fonds d'investissement spécialisé dans les technologies innovantes. Si cela se fait, ce ne sera pas avant le premier trimestre 2013. Pour l'instant, le capital est de 130.000euros. Il faudrait passer au moins à 500.000, idéalement un million d'euros pour financer nos besoins de développement», développe Hervé Soder. Membre du futur GIE chargé de réaliser l'Équipement d'Excellence Manutech Ultra Surface Design, Impulsion espère bien récupérer des marchés liés à ce projet. Mais là encore, son manque d'assise financière pourrait bien constituer un frein. «Dans la logique des choses, on devrait effectivement récupérer des travaux, mais cela va passer par des appels d'offres qui seront lancés par le GIE. Impulsion fait partie de ce GIE, mais ne représente qu'une voix. Je me mets à la place des autres membres! C'est délicat de confier des marchés de 2 à 3millions d'euros à une entreprise qui manque d'assise financière», explique Hervé Soder. Plus que jamais, Impulsion va devoir s'activer pour grandir!
Impulsion
(Saint-Étienne) Dirigeant: Hervé Soder CA 2011: 300.000euros 7 salariés 04 77 92 69 10 herve.soder@impulsion-sas. com