Attentisme et report des décisions. Le climat en matière d'implantation d'entreprises dans la région semble à l'image de l'économie: immobile. «Nous ne sommes pas spécialement inquiets, assure Aymeric de Mollerat, directeur de l'activité promotion et prospection d'Erai. Cette année, le gros des investissements a été réalisé dans des secteurs innovants qui connaissent peu la crise. Comme ceux des énergies renouvelables, des cleantech ou des technologies de l'information.» Si tout le monde s'accorde à dire que le nombre de projets reste, en 2009, à peu près stable par rapport à 2008, la tendance est davantage au rétrécissement des investissements. Notamment dans le secteur industriel, qui connaît une raréfaction de ses gros programmes. Pour Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région Rhône-Alpes, «l'industrie et les services à l'industrie représentent près de 50% du PIB régional actuellement. Voilà pourquoi nous sommes plus impactés que d'autres sur ce secteur.» En 2008, une année considérée comme exceptionnelle, Erai enregistrait 107 nouveaux projets internationaux dans la région (+16%), soit près de 3.600 emplois créés à trois ans. Des résultats qui plaçaient alors Rhône-Alpes en deuxième position derrière l'Ile-de-France pour les investissements étrangers. Considérés comme les principaux investisseurs, les pays d'Europe (Allemagne, Italie et Suisse) mais aussi les États-Unis et le Japon génèrent, selon Erai, plus de deux tiers des emplois créés dans la région.
Nouvelles tendances
Au niveau départemental, l'Aderly enregistrait l'an dernier 69 nouveaux projets sur son territoire (Rhône, Nord-Isère et plaine de l'Ain), dont 54% provenaient de capitaux étrangers. Et ce, principalement autour des secteurs des services, des sciences du vivant et des écotechnologies. «La tendance est clairement à la baisse cette année, constate Françoise Diehl, responsable d'unité à l'Aderly. À défaut d'implantations de nature industrielle, nous en avons eu beaucoup à caractères commercial et tertiaire.» Dans la Loire, ce sont 66 nouveaux projets qui ont vu le jour en 2008, essentiellement dans l'industrie et le tertiaire. Cette année, l'Agence économique de la Loire prévoit une cinquantaine d'implantations étrangères et françaises. «Nous observons une nouvelle tendance dans l'industrie: les entreprises investissent plus dans le matériel que dans l'emploi», rapporte l'agence. Celle-ci prévoit, cette année, la création d'environ 300 emplois sur le département. L'Isère devrait terminer l'année avec un nombre d'implantations équivalent à celui de l'an dernier. Considérée comme une année ?très mauvaise?, 2008 avait enregistré 22 nouvelles installations. «Nous conservons à peu près le même trend qu'en 2008 même si les projets que nous accompagnons sont de plus petite taille», constate Hervé Fradet, le directeur de l'AEPI. Essentiellement axés cette année sur les composants électroniques, les projets 2010 devraient davantage toucher les nouvelles technologies de l'énergie.
Comme il était à prévoir, 2009 ne sera certainement pas à inscrire au palmarès des meilleures années en matière d'implantations. Malgré tout, Rhône-Alpes semble plutôt bien tirer son épingle du jeu.