Elles s'appelent PSD Log, PMC Ouvrie, Transports Navaux, GLS, Fabriporc, l'agence Mixte. Ces sociétés, qui ne sont que quelques exemples parmi d'autres, ont pour point commun d'avoir quitté la métropole lilloise pour s'implanter dans l'Artois. Si le phénomène semble s'est accéléré depuis l'an passé, les premières implantations significatives remontent aux années 1990 avec l'arrivée d'entreprises telles la fromagerie Le Centurion ou bien Les Gourmets de l'Artois, le fabricant des plats préparés à Libercourt. Depuis des PSD Log ou autres PMC Ouvrie incarnent la seconde vague des PME qui s'implantent dans le Pas-de-Calais. PSD Log et Allo Pneus ont quitté Thumeries et Phalempin pour ne faire plus qu'un à Oignies où ils ont investi 19 M€ dans un entrepôt logistique de 34.000m². Désormais l'A1 joue le rôle de colonne vertébrale d'un développement économique qui ne semble pas près de s'arrêter. Et pour cause Lille se révèle quasi victime de son attractivité. Si les bouchons et autres ralentissements aux abords de la métropole font grincer des dents chez les usagers, elles font aussi tousser les PME.
Une heure de plus à intégrer en partant de Lille
«En partant de Lille, vous rajoutez déjà automatiquement une heure à votre temps de livraison. Sur des produits frais, c'est énorme,» témoigne Olivier Poubel, co-gérant de Fabriporc à Lomme. Cette société de charcuterie de sept salariés a fait le choix d'une implantation arrageoise pour être au plus près d'une clientèle régionale en un minimum de temps tout en doublant sa surface actuelle. La même optimisation des accès routiers a guidé l'arrivée de GLS, l'opérateur européen de collecte et distribution de colis, installé depuis octobre dernier à Carvin. Celui-ci a investi 3,4 millions d'euros pour se doter d'une plateforme d'envergure. Elle centralise des flux qui étaient jusqu'alors géré à Seclin et à Arras. «Depuis Carvin, nous avons des accès rapides et fluides en région Nord ? Pas-de-Calais et nous avons aussi vocation à être un hub d'entrée et de sortie pour l'Europe,» détaille Eric Bauduin, directeur de l'agence.
Une métropole inacessible ?
Un foncier devenu trop rare dans la métropole et une urbanisation importante ont conditionné l'arrivée de PMC Ouvrie sur Carvin ou bien encore de Vanheede prochainement sur Douvrin. Pour ces deux entreprises, la première qui fabrique des produits anti-mousses et la seconde qui collecte des déchets, les développements n'étaient possibles qu'ailleurs. A l'étroit à Seclin, les transports Navaux optent pour Carvin. Nous nous rapprochons également de clients majeurs tout en nous implantant près du lieu de résidence de nos salariés», indique Louis-Philippe Navaux.
Ces opportunités d'implantations dans un rayon de 30 à 50 kilomètres de Lille ont une autre vertu. Elle réside dans le prix des terrains. « Ils s'établissent entre 15 à 20 euros le mètre carré sur un triangle artésien proche des grands axes pour Dominique Lecouty, responsable du service aménagement et promotion du territoire de la CCI territoriale de l'Artois, 22 euros en moyenne sur le territoire de l'agglomération d'Hénin ? Carvin pour Jean-Pierre Ciesielski, chargé de mission économique.
Un triangle d'or artésien
Des propos que confirme également Antoine Tostain, aménageur immobilier qui avance «une moyenne de 19 euros le mètre carré sur un axe Artois. Ce prix du mètre carré prend tout son importance quand en quelques kilomètres nous passons de cette moyenne a 22 voire à 45 euros le mètre carré pour des terrains sur Lesquin où il y a des listes d'attente.» A raison d'un GAP de quelques euros du mètre carré, l'addition est donc plus favorable aux zones d'activités du sud de la métropole quand les besoins se chiffrent en milliers de mètres carrés.
Investissements sur site
Y aura-t-il des freins à cette marche en avant ? A l'instar de GLS qui va mobiliser 200.000 euros pour agrandir sa capacité de parking poids lourd pour accompagner son développement, de la construction, de Gautier Logistique Nord, des transports Postic, d'ID logistics qui poursuivent leurs investissements sur ces sites, la tendance semble nette.
Ségolène Mahias
Les PME lilloises choisissent de plus en plus l'Artois pour abriter leurs projets de développement. Cette tendance s'appuie sur un foncier important, des prix attractifs, des axes et de nouveaux services aux entreprises. Décryptage.