En 2014, le marché de l'immobilier fait face à une pénurie de bureaux neufs. À Strasbourg, la situation aboutit à un seuil exceptionnellement bas de 18.000 m² neufs disponibles à fin 2014, selon les études annuelles des cabinets-commercialisateurs BNP Paribas Real Estate (RE) et Rive Gauche CBRE. Du jamais vu depuis 2007. La chute atteint 56 % en un an, selon BNP Paribas RE qui mesure l'offre disponible dans les douze mois à venir. « Pour 2015, nous ne recensons que 3.800 m² de livraison certaine, puis 3.700 m² en 2016. Rien de significatif », appuie Olivier Braun, directeur de Rive Gauche CBRE. La rareté est plus flagrante en centre-ville. Le cabinet DTZ n'y identifie que 5.640 m² disponibles au-delà de douze mois. « La quasi-totalité des 26.700 m² recensés se concentre dans les parcs tertiaires de périphérie », selon son directeur associé Vincent Triponel. L'offre de seconde main, de son côté, est évaluée entre 113.000 et 136.000 m² selon les commercialisateurs.
Zac Étoile et Wacken
Cette double situation renforce l'attente des professionnels envers les programmes qui doivent sortir dans quelques années. L'îlot Saint-Urbain de la Zac Étoile doit déployer environ 7.500 m² tertiaires (dont un hôtel) dans une tour d'une cinquantaine de mètres. Dix promoteurs-investisseurs ont remis leur offre à l'aménageur Sers qui devrait rendre son verdict courant mars ou avril. Viendra ensuite surtout le quartier d'affaires international du Wacken, avec les 16.460 m² de bureaux de sa première phase, livrables en 2018 par son développeur, Cirmad. Mulhouse est également revenu à un score faible de 11.000 m² de bureaux neufs disponibles à un an, pour 60.000 m² de seconde main, souligne BNP Paribas Real Estate. Le " Chrome " du promoteur Nacarat, inauguré le mois dernier sur la Zac Gare, offre 1.700 m² à louer soit la moitié de ses surfaces. « La relance du neuf s'imposera à terme. Pour l'heure, les projets d'envergure comme le Grand Angle (2.500 m² développés par Eiffage Immobilier sur la Zac Gare) se soumettent à des conditions de pré-commercialisation, une stratégie prudente mais payante », commente Alexandre Bucher, responsable Haut-Rhin de BNP Paribas RE.
Strasbourg retrouve son seuil de référence
Si le neuf se fait rare, c'est aussi parce qu'il s'est vite rempli l'an dernier.
À Strasbourg, il a représenté près de la moitié des transactions, contribuant ainsi à la remontée de cette statistique, baromètre de la santé du marché immobilier. La demande placée a représenté 61.300 m² l'an dernier selon BNP Paribas RE (60.400 m² selon DTZ), en hausse de 50 % par rapport à un cru 2013 particulièrement maussade. Le marché strasbourgeois revient ainsi à son seuil de référence de 60.000 m². Il le doit à cinq transactions de plus de 2.000 m² : l'installation de la Banque populaire dans le " W " (7.000 m²), du conseil général du Bas-Rhin rue Hirn, des Assurances du Crédit mutuel dans le Lawn et de Suez-Environnement et BNP Paribas dans le Beverly de l'Espace européen de l'entreprise à Schiltigheim. « Le retour des grandes transactions constitue le fait majeur. Et même si 82 % des demandes exprimées concernent des surfaces de moins de 500 m², nous observons des projets d'envergure, notamment de regroupement et de restructuration. Ils feront le marché en 2015 », pronostique Yves Noblet, directeur Est de BNP Paribas RE. Avec 22.000 m² placés l'an dernier, Mulhouse frôle à 1.000 m² près son record de 2013. La ville semble s'installer durablement dans le club des marchés des 20.000 m² annuels.
Marché immobilier Les bureaux neufs libres sont devenus denrée rare en Alsace, conséquence de la prudence grandissante des promoteurs à lancer de nouveaux programmes et de l'écoulement rapide des quelques surfaces disponibles sur le marché.