« Je suis entré en 2007 chez Limeul à l'âge de 25 ans, en tant que conducteur de travaux, après un CAP-BEP de menuisier à 15 ans, puis une école d'ingénieur du bois (l'Enstib d'Épinal) et l'IAE de Rennes. J'ai repris la direction de la société en 2011. Cette entreprise de charpente, couverture, étanchéité et ossature bois appartenait à un grand groupe de 350 salariés à Compiègne (Ndlr, Faber SA liquidé depuis), mais de gros problèmes de trésorerie nous ont entraînés en procédure de sauvegarde. Les banquiers ont eu peur de la contagion et nous ont alors coupé nos lignes de crédits. Nous avons perdu 350.000 euros de trésorerie en deux ans.
Nous étions 45 à l'époque...
Nous sommes aujourd'hui 68 salariés, dont 20 embauches récentes. De 2012 à 2014, nous avons gagné 20 % de chiffre d'affaires et notre rentabilité a progressé également. En 2014, nous faisions 5,5 millions d'euros pour 86.000 euros de résultat net après frais de groupe. En avril dernier, nous avons coupé tous nos liens avec le groupe. Le projet était de reprendre l'entreprise en Scop, dans laquelle un homme est égal à une voix, avec 20 salariés actionnaires à partir de 2.000 euros, soit un total réuni de 70.000 euros. La dette senior court sur sept ans et nous avons racheté également notre bâtiment sous forme de crédit-bail d'un million d'euros sur 15 ans. Pour cette reprise, j'ai été bien entouré. Par les équipes de l'entreprise d'abord, que je connaissais bien. Mais aussi par des soutiens extérieurs comme les collectivités locales, le Réseau Entreprendre Bretagne (45.000 ?), les réseaux Initiative Rennes (12.000 ?) et Initiative Bretagne (25.000 ?) avec la Caisse des Dépôts et la Région et le fonds régional Brit. Le plus difficile pour un repreneur est de concilier vie professionnelle et vie personnelle.
Lancement du service Lim'up
2015 sera une année de stabilité. Notre marché est compliqué, notamment par rapport à la concurrence. Même pour une entreprise réputée comme Limeul qui a réalisé la toiture du Parlement de Bretagne, c'est difficile de "vendre" une qualité et un savoir-faire, quand tout le monde veut un prix. Notre carnet de commandes est plein pour l'année, mais à quel prix ! Nous allons essayer de développer l'ossature bois et Lim'up, un nouveau service créé pour réparer des fuites de toitures en 48 heures. Les particuliers représentent notamment 15 % de notre portefeuille. Le reste est porté par des promoteurs, collectivités, syndics... La charpente et l'ossature bois représentent un tiers de notre activité ; la couverture, un autre tiers, et l'étanchéité un troisième tiers. »
À Servon-sur-Vilaine, Raphaël Reverdy redresse une société de couverture-charpente-étanchéité-bardage plus que centenaire. Il n'a que 33 ans, mais beaucoup d'ambition et de soutiens pour cette PME rennaise réputée acquise en avril dernier sous forme de Scop avec 20 de ses salariés, devenus actionnaires.