Fondée en 1996 sur les films en plastique techniques pour l'agriculture, l'industrie et le BTP, la société de Patrick Régnier et son fils Arnaud a bien évolué depuis et vient à nouveau de changer de cap stratégique à Saint-Thurial. Après la revente en février 2012 de son pôle « grand public » - avec sa gamme de plasticulture 100 % biodégradable - à Vilmorin (filiale du groupe Limagrain), le duo s'est « recentré » sur un nouveau projet industriel : les produits d'étanchéité professionnels appelés EPDM (pour éthylène-propylène-diène monomère).
EPDM et vulcanisation à chaud
Il s'agit d'élastomères spéciaux, du même type que les pneus ou le joint des portières de voitures, introduits sur le marché dans les années 1960 mais qui ont une application très intéressante dans le bâtiment, notamment en toiture et pour les bassins. Forts de leur savoir-faire, Patrick et Arnaud Régnier ont adapté un process révolutionnaire qui permet de « former » d'une seule pièce la surface voulue sans raccord ni soudure, avec les emplacements prédécoupés pour les conduits et autres pièges à infiltrations.
2 M€ investis
Leur technique dite de vulcanisation à chaud a d'abord été testée en 2D (jusqu'à 2.300 m² d'une seule pièce), avec l'acquisition d'une première table en 2007, avant de passer à la 3D (jusqu'à 500 m²). Au total, ils ont investi quelque deux millions d'euros ces trois dernières années. « Nous avons investi dans un outil de 50 mètres de long, unique en France, voire en Europe. C'est un marché où il y a très peu d'acteurs européens ; les cinq prochaines années seront déterminantes », précise le duo pour qui cette activité commence à être rentable, « légèrement bénéficiaire ».
Beaucoup plus rapide à poser
Et ils ne reconnaissent que des avantages à cette technique : « C'est le produit le plus durable et le plus résistant en terme d'étanchéité, avec un recul de 70 ans aux États-Unis, argumentent-ils. C'est la première fois que nous avons un schéma de préfabrication dans l'étanchéité pour toiture plate : une solution clé en main pour l'application directe sur chantier qui permet de réduire en moyenne de 3 à 5 le temps de pose. » Une toiture de 100 m² peut ainsi être posée en une seule journée, selon leur recul. Des délais qui font mouche auprès des professionnels du BTP, obligés de trouver de nouvelles solutions avec la crise. Et avec 30 millions de mètres carrés de toitures posés par an (dont la moitié en rénovation), le marché français a largement de quoi les satisfaire. Les dirigeants bretons visent bien entendu la construction à ossature bois. Avec eux, les charpentiers n'ont plus besoin de sous-traiter la pose de toiture et la pénibilité est un autre « facteur déterminant » à leurs yeux.
Ambition : 10 M€ fin 2018
Ce nouveau cap s'accompagne aussi d'un changement de nom, plus technique et international (pour les pays limitrophes). Au 1er mai, Flexirub a remplacé Cultisol, qui avait déjà elle-même succédé à Bretagne Emballage en 2001. À l'époque déjà, deux pôles se dessinaient : l'un dédié au secteur agricole et jardinage (axé grand public) ; l'autre aux professionnels du bâtiment. « C'est de là qu'est partie notre réflexion... » En 2011, soit dix ans après, le premier (revendu depuis) pesait 4,2 M€ de chiffre d'affaires ; le second 6 M€. Ce dernier est monté à 6,5 M€ en 2014, réalisés à 90 % avec les familles de produits historiques. Cette année, il devra reposer à 20 % sur des produits stratégiques. Fin 2018, les Régnier ambitionnent d'atteindre les dix millions d'euros dont la moitié à l'export en 2020.
À Saint-Thurial, Patrick et Arnaud Régnier se recentrent sur les produits d'étanchéité pour le bâtiment, selon le process de préfabrication par vulcanisation.