Détergence, agrochimie, produits d'hygiène corporelle ou encore cosmétique, nombreux sont les domaines dans lesquels l'activité d'Ifrachimie est indispensable. Reprise en 2005 par Jacques Masselin, ancien cadre du groupe Henkel et aujourd'hui président d'Ifrachimie, l'entreprise revient de loin: «J'ai repris la société après une procédure de redressement judiciaire. La moitié du chiffre d'affaires était alors réalisé en sous-traitance. L'objectif a consisté à faire disparaître cette sous-traitance et développer nos activités propres». De fait, alors qu'il reprend la société avec un chiffre d'affaires de 24M€ en 2005, Jacques Masselin en réalise aujourd'hui 44M€, pour une production qui est passée en trois ans de 27.000 tonnes par an à 58.000 tonnes par an en 2007.
Les signes de la crise
Mais en 2008, la production baisse à 50.000 tonnes par an: «Un ralentissement causé par la crise et compliqué par une flambée du prix des matières premières». Une année difficile car les produits de performance de l'entreprise (détergence, hygiène corporelle) représentent de gros volumes dont les marges sont relativement faibles: «Nous fabriquons la matière active dont se servent nos clients tels que L'Oréal, Henkel, Procter & Gamble pour réaliser, par exemple, des lessives ou des shampooings. Cela nécessite des installations conséquentes car c'est une industrie qui nécessite de gros moyens pour être développée». Depuis la reprise, la société se développe de 20 à 30% par an, entraînant d'importants besoins en fonds de roulement: «Cela a été aggravé par l'augmentation des matières premières qui a laminé nos marges. Nous sommes entrés dans une période de trésorerie tendue». Ainsi, fin 2008, Jacques Masselin décide de faire appel aux mesures mises en place par le gouvernement pour soutenir les entreprises et se tourne également vers les collectivités o* il trouve une oreille attentive auprès du Département de Seine-Maritime. 100.000€, c'est le montant de l'avance remboursable débloquée par le Département dans le cadre de son plan d'urgence. Une aide importante à laquelle vont se rajouter un nouvel apport des actionnaires et de nouveaux soutiens bancaires: «Les appuis bancaires sont difficiles à obtenir mais avec l'aide du Département je pense que les banques vont nous aider à passer le cap ».
L'avenir
Fort de l'une des plus importante capacité de production dans son domaine en France, Jacques Masselin a décidé de miser sur la qualité, ainsi que sur l'ouverture commerciale sur le monde avec des marchés en Europe de l'Ouest, Russie ou encore Moyen-Orient: «Nous commençons à exporter vers les USA, et voulons travailler avec l'Australie». Autre exigence du président d'Ifrachimie, l'approvisionnement en matières premières orientées produits naturels et renouvelables: «Une tendance qui s'affirme». L'ambition d'Ifrachimie, c'est aussi d'être reconnue comme chimiste: «Pour cela, nous démarrons le développement des spécialités, un domaine où les marges sont significatives, les volumes de production et la mobilisation de capitaux moins importants. À l'avenir, ces produits nous permettrons de financer les coûts de notre outil de production en passant de 10% de notre chiffre d'affaires à 30% d'ici cinq ans».
Reprise en 2005 par Jacques Masselin, Ifrachimie, entreprise de Saint-Pierre-lès-Elbeuf spécialisée dans les tensioactifs, n'échappe pas à la crise et connaît quelques difficultés de trésorerie. Pour l'aider, le Département 76 a débloqué 100.000 €.