Hospices civils de Lyon : Une nécessaire cure de jouvence

Hospices civils de Lyon : Une nécessaire cure de jouvence

Confrontés à un déficit abyssal ces dernières années, les HCLse réorganisent pour rétablirles équilibres d'ici à 2013. À la clé, fermetures et regroupements d'activités, modernisationset constructions de sites,réductions des effectifs et ventesd'une partie de son immobilier. Claire Pourprix

Avec un budget annuel de dépenses de fonctionnement de 1,4 Md€ et des effectifs qui atteignent 22.000 personnes, les hospices civils de Lyon sont un acteur économique majeur de l'agglomération. Mais dans un état bien dégradé: «Lorsque je suis arrivé en 2007, j'ai trouvé un hôpital en fort déficit. Nous essayons de le remettre à niveau pour retrouver l'équilibre, en 2013.» Paul Castel, le directeur général des HCL, et ses équipes, ont élaboré Cap 2013, un projet d'établissement 2009-2013 qui remet à plat le fonctionnement de ?l'entreprise? tout en réaffirmant sa vocation: le deuxième centre hospitalier universitaire de France s'engage à se réorganiser pour pouvoir poursuivre les investissements, sans faire l'économie de la recherche et de l'innovation. Le programme se décline en quatre axes: mettre en oeuvre le projet médical et de soins pour améliorer le service aux patients, retrouver l'équilibre financier, renforcer l'identité hospitalo-universitaire, enfin, simplifier les modes de fonctionnement et améliorer les conditions de travail.




Regrouper pour économiser

«Les HCL accusent 740M€ de dettes. Si on continue sur ce trend, on atteindra 1,2 Md€ d'ici à 2013», soulignait le directeur général, lors de la présentation à la presse de ce projet d'établissement, l'été dernier. Deux raisons principales expliquent ce déficit: des investissements indispensables, qui n'ont pas tous été financés, et une ?institution? vieillissante, en mal d'organisation. «Les plans Hôpital 2007 et 2012 nous ont permis d'accompagner l'investissement, mais uniquement partiellement, en laissant le problème du remboursement de l'amortissement et de l'intérêt de l'emprunt. Cela a constitué un surinvestissement par rapport à ce qui était supportable par les HCL», analyse Paul Castel. Autre raison, et qui fait aujourd'hui l'objet des restructurations: le coût de production des HCL est supérieur à celui de bien d'autres CHU. «Nous avons un parc très disséminé, que nous avons ramené de dix-sept à quinze établissements. Des activités en doublon ou parfois triplées sont en cours de regroupement.» À cela s'ajoute l'entrée en vigueur de la T2A, la tarification à l'activité, qui a généré un différentiel entre la rémunération de la pathologie et son coût réel au sein d'établissements hospitaliers qui étaient en retard dans leur modernisation.




Régime amincissant

La réduction de la masse salariale est l'un des axes majeurs pour ramener les comptes à l'équilibre. L'objectif est de la réduire de 880 emplois d'ici à 2013, les frais de personnels représentant 70% du budget annuel des HCL. En 2008, 200 équivalents temps plein ont été supprimés, puis 300 en 2009. L'objectif 2010 est de 200. «On ne licencie personne, précise Paul Castel, mais les postes vacants non médicaux et non soignants ne sont pas remplacés, dans la mesure du possible. Cette mesure est indissociable des regroupements d'activités.» Deux départs sur trois ne sont pas remplacés pour les postes administratifs et techniques; un sur quatre pour les départs de soignants. Concomitamment, les HCL vendent une partie de leur patrimoine immobilier, fort de 1.400 appartements et commerces en 130 immeubles, estimé à 600M€... Entre2011 et2013, le revenu généré par les ventes d'une trentaine d'immeubles et les revenus locatifs devrait apporter 130M€. Sans toutefois déroger à la politique sociale des HCL, dont la part de logements loués aux personnels à tarifs inférieurs de 20% au prix du marché passera de 780 à 900.